Le processus de paix en péril après des attaques de l'ELN — Colombie

11 Janvier, 2018, 06:09 | Auteur: Lynn Cook
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Quelques heures après la fin d'un accord de cessez-le-feu et la reprise des négociations de paix, les rebelles de l'Armée de libération nationale (ELN) ont repris mercredi leurs attaques en Colombie.

Le gouvernement colombien a pour objectif d'aboutir à une paix définitive, comme celle conclue en 2016 avec les Farc, transformées aujourd'hui en parti politique autorisé, qui présente un candidat à l'élection présidentielle de mai prochain.

L'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active de Colombie, a demandé mercredi la poursuite des négociations de paix avec le gouvernement, après la suspension des pourparlers par le président colombien Juan Manuel Santos suite à des attaques attribuées aux rebelles. "J'ai aussi renouvelé l'ordre ce matin à notre forces armées d'agir avec force", a réagit le président colombien Juan Manuel Santos.

"J'ai parlé avec le négociateur en chef du gouvernement à Quito (Gustavo Bell) afin qu'il revienne immédiatement (à Bogota) pour évaluer l'avenir du processus", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une allocution télévisée.

Dans un communiqué, la délégation de négociateurs gouvernementaux a déclaré qu'il y avait eu quatre nouvelles attaques mercredi, notamment un tir de grenade visant des marins. Ils devaient reprendre mercredi avant cette annonce de Bogota. Ils ont réitéré leur engagement à conclure un nouveau cessez-le-feu qui permettrait de "surmonter les difficultés du précédent".

"Il semble qu'une ligne dure au sein de l'ELN soit en train de s'imposer", a-t-il estimé. Durant la trêve, qui prévoyait que les guérilleros cessent les enlèvements et les attentats contre les infrastructures pétrolières, l'ELN a admis sa responsabilité dans l'assassinat en novembre d'un leader indigène du département du Choco (nord-ouest).

Bien que le gouvernement colombien et la guérilla guévariste aient chacun de leur côté exprimé à plusieurs reprises leur volonté de prolonger cette trêve, l'accord a été fragilisé par des accusations mutuelles de violations.

Par ailleurs, le groupe guévariste considère comme une violation du cessez-le-feu la mort de sept paysans qui protestaient contre l'éradication forcée de la coca début octobre dans une zone frontalière de l'Equateur.

En un demi-siècle, le conflit armé colombien, impliquant des guérillas, des paramilitaires, des forces gouvernementales et des trafiquants de drogue, a fait au moins 260 000 morts, plus de 60 000 disparus et 7,4 millions de déplacés.

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