Des femmes défendent "la liberté d'importuner"

10 Janvier, 2018, 00:23 | Auteur: Sue Barrett
  • Des femmes dont Deneuve à contre-courant de l'indignation après l'affaire Weinstein

Mais pour les signataires de la tribune, si "une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel" a eu lieu, "cette libération de la parole se retourne aujourd'hui en son contraire". Elles défendent la "liberté d'importuner" des hommes, "indispensable à la liberté sexuelle".

Quand une tribune commence par " Le viol est un crime ", comme si le lecteur sur le point de parcourir les lignes suivantes risquait de l'oublier au passage, c'est qu'il y a un hic. Elles s'insurgent contre ce féminisme qui "prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité".

Se positionnant à contre-courant du mouvement de dénonciations publiques des inconduites sexuelles et des gestes déplacés envers les femmes, le collectif, qui regroupe une centaine de comédiennes, écrivaines, chercheuses ou journalistes, affirme rejeter le " puritanisme " apparu dans la foulée des accusations de harcèlement et d'agression sexuelle portées par une quarantaine de femmes contre le producteur américain Harvey Weinstein. Citant le philosophe Ruwen Ogien, elles réclament le droit d'offenser, une liberté selon elles indispensable à la création artistique.

Cent femmes issues de la société civile, des arts, des médias, du cinéma, de la littérature ou encore de la netnologie (si si), ont pris la plume pour défendre la " liberté d'importuner " et mettre en garde contre le " puritanisme " et la " vague purificatoire " qui menaceraient de détruire la masculinité après le déferlement du mouvement #BalanceTonPorc.

"Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle", concluent-elles.
Si certains hommes les remercient, tel "Le chat du Rabbin" sur le site du Monde: "Merci Mesdames pour cette belle tribune qui tranche avec la culpabilisation ambiante". Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d'un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Même si c'est un délit, les femmes peuvent envisager ses attouchements "comme l'expression d'une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement".

Une tribune qui suscite déjà bien des commentaires sur la toile. "Et qui conduit des femmes intelligentes à écrire des énormes âneries".

En mars, Catherine Deneuve avait apporté son soutien à Roman Polanski, accusé d'agressions sexuelles.

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