Allemagne. Bras de fer social sur la semaine de 28 h

09 Janvier, 2018, 09:19 | Auteur: Aubrey Nash
  • Allemagne. Bras de fer social sur la semaine de 28 h

Les négociations sont bloquées depuis plusieurs semaines. Il réclame une augmentation de 6% des salaires sur 2018, alors que le patronat n'offre que 2%. Mais il demande une compensation financière de l'employeur (autour de 200 euros brut) pour ceux ayant à charge des enfants de moins de 14 ans ou des parents dépendants et ceux engagés dans une formation. L'employeur compenserait en partie le manque à gagner salarial, et il s'engagerait à reprendre l'employé à temps plein une fois les deux ans échus. Sur les 3,9 millions de salariés, 60 % seraient potentiellement concernés. Il est scruté de près dans toute l'industrie européenne par la nature des revendications qui mettent en avant la qualité de vie entre temps professionnel et espace privé.

Fort de la bonne santé du secteur et de 2,3 millions d'adhérents, IG Metall fait de cette revendication nouvelle dans le paysage syndical mondial un casus belli.

" Les travailleurs ne sont pas que des travailleurs, ils ont des vies privées, des enfants, des parents âgés, tout ceci doit être pris en compte", résumait le patron local d'IG Metall, Olivier Höbel, hier lors du rassemblement à Berlin.

" Plus d'argent pour ne rien faire, pas avec nous!"

La semaine de 28 heures pour les métallos allemands risque-t-elle de gripper la première économie européenne? Gesamtmetall menace même de porter l'affaire devant les tribunaux. Hier, les arrêts de travail ont affecté les usines Volkswagen, Porsche, Otis et Bombardier.

Des mouvements de grève ciblés dans les entreprises les plus emblématiques du pays: c'est la manière de protester d'IG Metall qui entend faire pression sur le patronat sur deux fronts. La reprise des pourparlers sur la hausse des salaires est prévue jeudi. Si la situation ne se résout pas, la crise politique qui a déjà cours en Allemagne - Angela Merkel est en quête de coalition pour gouverner depuis les législatives de septembre - pourrait bien se doubler d'une crise sociale, car le syndicat n'exclut pas le recours à la grève dure.

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