Macron veut une loi contre les fake news en période électorale

05 Janvier, 2018, 09:24 | Auteur: Lynn Cook
  • Ahmet Ogras le

" Des plateformes, des fils Twitter, des sites entiers inventent des rumeurs et des fausses nouvelles qui prennent rang aux côtés des vraies" a poursuivi Emmanuel Macron, pour qui ce phénomène relève d'une "stratégie - une stratégie financée - visant à entretenir le doute, à forger des vérités alternatives, à laisser penser que ce que disent les politiques et les médias est toujours plus ou moins mensonger". Une autre loi pour réformer l'audiovisuel public afin de le mettre au service de "la cohésion nationale". Pour ses premiers vœux à la presse, prononcés mercredi soir devant quelques centaines de journalistes invités à l'Elysée, Emmanuel Macron n'a pas été avare de fortes paroles. Il a dénoncé les ravages d'une "proximité" selon lui responsable du fait que l'on donne parfois "plus de place aux propos d'antichambre qu'à l'expression publique", sans préciser qu'il visait là les pratiques du vieux monde, celui de ses prédécesseurs.

Emmanuel Macron a annoncé mercredi qu'un "texte de loi" allait être déposé "prochainement" pour lutter contre les "fake news" sur internet en "période électorale".

Rapidement et tout naturellement, Marine Le Pen s'est placée en opposition à cette volonté de protéger la consommation d'information sur les réseaux sociaux. Dans une allusion voilée aux médias russes RT et Sputnik, il a précisé que cette loi aurait vocation à s'appliquer en périodes électorales. "Les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publiques l'identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus ", a-t-il promis.

"En cas de propagation d'une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge à travers une nouvelle action en référé permettant le cas échéant de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l'accès au site internet" a ajouté le Chef de l'État.

En ce sens, "la démarche de Reporters sans frontières d'inventer une sorte de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier me paraît intéressante et souhaitable", a-t-il déclaré.

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