Lait contaminé. Lactalis était au courant de la présence de salmonelles

05 Janvier, 2018, 09:20 | Auteur: Jonathan Ford
  • Affaire Lactalis: comment protéger sa famille de la salmonellose

Le Canard enchaîné révèle qu'une inspection sanitaire de routine du site de Craon aurait été effectuée au mois de septembre par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), une instance de contrôle rattachée au ministère de l'Agriculture, mais n'aurait détecté aucune anomalie.

Dès le mois d'août dernier mais aussi en novembre dernier, le groupe a repéré la présence de bactéries "sur du matériel de nettoyage et sur les carrelages" à Craon. Ce mercredi, sans répondre directement aux accusations de soustraction d'informations, la direction de Lactalis a démenti d'autres allégations du Canard enchaîné, d'après qui l'usine aurait stoppé sa production de laits infantiles tout en continuant à fabriquer des céréales notamment.

Le groupe laitier a pour sa part procédé à un premier rappel de certains lots de laits infantiles le 2 décembre.

Il faudra finalement attendre le 21 décembre pour que Lactalis retire tous les produits infantiles et nutritionnels fabriqués ou conditionnés dans l'usine de Craon depuis le 15 février 2017. C'est en tout cas ce qu'assure le Canard enchaîné mercredi 3 janvier. Malgré ces mesures, c'est bien un plan d'action global suivi des résultats, que le préfet attend avant d'autoriser le redémarrage de l'activité.

Après la mise en évidence de la présence de salmonelles en décembre dans l'usine Lactalis, numéro 1 mondial des produits laitiers, l'entreprise, qui avait déjà fait l'objet de plaintes, encaisse à présent des révélations du Canard enchaîné: l'usine connaîtrait depuis longtemps la présence de cette bactérie... et peut-être que les autorités publiques aussi. Ce qu'il n'a effectivement pas fait selon Bercy et le ministère de l'Agriculture. Et en novembre, quelques semaines donc après la venue des experts de la DDCSPP mais avant le début de la controverse, cette constatation avait été confirmée par d'autres analyses. Lactalis, de son côté, rétorque que "les autorités ont à disposition les résultats des audits en permanence". Pour sa défense, il souligne aussi qu'une obligation de notification n'existe que lorsque une non-conformité a été décelée sur un produit mis sur le marché. Une situation qui indigne les parents d'enfants touchés par la salmonellose. Cela, c'est l'enquête judiciaire ouverte fin décembre qui le dira. Ce dernier a fondé "l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles" et s'est exprimé hier sur CNews à propos d'une "opacité totale" planant au-dessus de l'affaire Lactalis. Mais seul le "nouvel atelier de mélange à sec de céréales" aurait été inspecté, selon une responsable du service Alimentation au ministère interrogée par l'AFP. C'est à la fois incroyable et peu surprenant étant donné l'opacité de cette affaire.

Entre les autorités sanitaires et Lactalis,"qui couvre qui?", s'interroge donc Quentin Guillemain, président de l'association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles.

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