L'ANC cherche un successeur à Zuma — Afrique du Sud

17 Décembre, 2017, 00:16 | Auteur: Aubrey Nash
  • Un membre de l'ANC arrive à la 54e conférence du parti à Johannesbourg le 16 décembre 2017

C'est une élection cruciale car non seulement celui ou celle qui va succéder au président Jacob Zuma à la tête du mouvement, lui succédera à la tête du pays, en cas de victoire du parti aux prochaines élections de 2019. Et le choix du prochain leader va être déterminant pour l'avenir du mouvement. À deux ans d'élections générales qui s'annoncent délicates, le parti est en perte de vitesse.

La frustration de millions de Sud-Africains noirs - laissés pour compte de la nation 'arc-en-ciel' - est telle que l'ANC pourrait perdre en 2019 sa majorité absolue. Non pas parce que l'opposition est forte, mais parce que le parti est déchiré par les luttes internes...

L'ANC est réuni depuis samedi pour élire son nouveau chef.

A 65 ans, Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste reconverti en richissime homme d'affaires, est soutenu par l'aile modérée du parti et très apprécié des marchés.

'Le niveau de chômage, particulièrement chez les jeunes, ne plaide pas en notre faveur', a-t-il concédé. 'Son héritage est désastreux', a déclaré à l'AFP Tefu Velaphi, 38 ans, un militant de la province du Gauteng (Johannesburg et Pretoria). "Il ne s'intéresse qu'à lui et à ses amis", a-t-il ajouté.

Sa principale concurrente, Nkosazana Dlamini Zuma, 68 ans, ancienne ministre et patronne de l'Union africaine (UA), insiste sur la "transformation radicale de l'économie" au profit de la majorité noire. 'Il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas d " erreur', a-t-il également plaidé.

"C'était un très bon discours centré sur l'unité du parti", s'est réhjoui l'un d'eux, Isaac Tshukudu.

Les quelque 5200 délégués réunis à Johannesburg devraient entamer les opérations de vote par la proclamation des candidats dès samedi après-midi, pour des résultats espérés dimanche.

Depuis des jours, les rumeurs de fraude vont bon train.

Selon de nombreux experts, les positions très éloignées des deux camps laissent planer un risque réel d'éclatement du parti. Elle a toutefois du mal à ne pas apparaître comme une 'marionnette' de son 'ex', aux yeux de ses adversaires, qui la soupçonnent de lui avoir promis l'immunité judiciaire.

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