Entre exploit démocrate et référendum Trumpien — Alabama

14 Décembre, 2017, 05:46 | Auteur: Lynn Cook
  • Etats-Unis: Roy Moore

Le Parti démocrate devrait s'efforcer d'exploiter au maximum le soutien apporté par Donald Trump à Roy Moore lors des élections de 2018.

"A ce carrefour de l'histoire de l'Alabama, empruntons la bonne route", avait exhorté cet ancien procureur fédéral âgé de 63 ans avant le scrutin. En effet, accusé par plusieurs femmes de pédophilie, pour des faits remontant à une quarantaine d'années, le candidat républicain soutenu par Donald Trump parvenait à se maintenir haut dans les sondages, dans cet état du sud très conservateur et historiquement acquis à la cause du parti.

La défaite essuyée par Roy Moore touche donc de plein fouet le président, qui peut mesurer la relativité de ses appels à la mobilisation. Il s'était fait connaître en faisant condamner des membres du Ku Klux Klan, qui avait incendié une église noire, tuant quatre fillettes.

La défaite des Républicains est plus que symbolique. Rapporté à la mainmise républicaine sur cette terre qui compte parmi les plus conservatrices du pays, ce revers constitue néanmoins un véritable séisme qui n'épargne pas le président Donald Trump.

Entre exploit démocrate et référendum Trumpien — Alabama
Entre exploit démocrate et référendum Trumpien — Alabama

Face à lui, Doug Jones. The people of Alabama are great, and the Republicans will have another shot at this seat in a very short period of time.

L'ex-vice-président Joe Biden était venu en personne soutenir Doug Jones lors de sa campagne contre Roy Moore, et Barack Obama avait enregistré un message téléphonique sans équivoque pour les électeurs: "L'occasion est grave". "Félicitations à Doug Jones pour cette victoire âprement disputée mais une victoire est une victoire", a-t-il écrit. Elle est comparable à celle, en décembre 2009, du républicain Scott Brown au siège de sénateur du Massachusetts longtemps occupé par le sénateur démocrate Ted Kennedy. Pareille éventualité réduirait la majorité présidentielle au Sénat à 51 sièges sur 100 et rendrait plus incertaines qu'elles ne le sont déjà les entreprises législatives de la Maison-Blanche. C'est sur ce point que Donald Trump et ses partisans avaient tenté de rassembler derrière le candidat Républicain. La veille du scrutin, il tenait encore un meeting avec lui et s'en était même pris à la propre fille du président: "il y a une place spéciale en enfer pour les républicains qui ne votent pas pour Roy Moore " avait-il déclaré en écho à la phrase d'Ivanka, qui avait promis le même destin à ceux qui, au contraire, voterait pour lui. La course a toutefois été serrée: le candidat démocrate a finalement recueilli 49,5 % des votes alors que son challenger n'a pu atteindre que le score de 48,8 %.

Le camouflet de Roy Moore est aussi un mauvais signal pour Donald Trump et son ancien conseiller Steve Bannon qui veut incarner les forces de l'anti-establishment au sein du parti.

M. Trump avait fait fi des allégations contre Roy Moore dans le but de conserver ce siège, afin d'améliorer les chances d'adoption, à court terme, de la grande baisse d'impôts en train d'être examinée au congrès.

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