Elle doit raser sa maison qui fait de l'ombre à sa voisine — France

14 Décembre, 2017, 05:39 | Auteur: Lynn Cook
  • Meurthe-et-Moselle: la justice ordonne à une propriétaire de raser sa maison parce qu'elle fait de l'ombre à sa voisine

J'ai tout fait pour me battre, pour garder ma maison, je l'ai vu bâtir devant mes yeux. En dédommagement, la voisine réclame une somme de 150 000 euros, que Sarah Rebaï n'est évidemment pas en mesure de payer. Sauf que considérant que cet agrandissement faisait de l'ombre dans son jardin ainsi que sur sa terrasse, sa voisine a décidé de porter l'affaire au tribunal.

En 2011, Mme Rebaï obtient un permis de construire pour bâtir une extension de 130 m2 à sa maison située dans un quartier pavillonnaire de l'agglomération nancéienne.

Selon Le Parisien, c'est la voisine elle-même qui a porté plainte. En 2014, elle obtient gain de cause devant la justice qui ordonne la destruction de la maison.

Outre devoir raser sa maison, les soucis financiers s'accumulent pour la propriétaire de l'extension. Les travaux finis, elle s'installe dans le logement, construit en conformité avec les prescriptions du permis de construire, afin de louer sa demeure principale.

Une habitante condamnée à raser sa maison qui fait de l'ombre à sa voisine
Fait-divers Une habitante condamnée à raser sa maison qui fait de l'ombre à sa voisine

Surtout, la plaignante a quitté les lieux, après avoir mis sa maison en location. "C'est dur pour moi", a dit à l'AFP Sarah Rebaï, qui se dit "abattue" par le rejet de son pourvoi en cassation la semaine dernière. Sarah Rebaï fait appel de cette décision mais la justice donne de nouveau raison à sa voisine en 2015.

S'il y avait véritablement eu un problème d'ensoleillement et de luminosité, l'autorité administrative n'aurait pas délivré le permis de construire, elle l'a fait. "Madame Rebaï, c'est la sienne, elle y habite et elle en a besoin", explique l'avocate. Elle ne sait pas encore si elle devra régler l'astreinte, gelée en appel, qui se montait à 50 euros par jour les six premiers mois puis 80 euros pour chaque jour où la maison n'aurait pas été détruite.

Sa cliente, au chômage, a renoncé à saisir la Cour européenne des droits de l'homme, parcours qu'elle juge "trop compliqué" et sans doute trop coûteux. Sans compter le remboursement de son prêt immobilier de 178.000 euros souscrit sur 25 ans.

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