Migrants : l'Europe complice de la torture selon Amnesty

13 Décembre, 2017, 03:17 | Auteur: Lynn Cook
  • Libye les gouvernements européens complices de violations des droits humains des migrants

Dans un rapport publié mardi, Amnesty International a accusé les gouvernements européens de complicité dans la détention des migrants dans des conditions épouvantables en Libye, reprochant à l'UE et plus particulièrement à Rome son appui aux garde-côtes libyens impliqués, selon l'organisation, dans le trafic d'êtres humains.

" Depuis la fin de 2016, les États membres de l'UE [.] ont mis en oeuvre une série de mesures visant à fermer la route migratoire via la Libye et la Méditerranée centrale, sans se soucier des conséquences", résume l'ONG.

Les réfugiés et les migrants interceptés par les garde-côtes libyens sont envoyés dans les centres de détention du Service de lutte contre l'immigration illégale, où ils subissent des traitements terribles.

"Ce système place l'Italie, en particulier, dans une situation où elle rompt ses obligations internationales", notamment en ce qui concerne l'interdiction de la torture, a estimé John Dalhuisen.

La Commission de l'Union africaine estimait début décembre entre 400 000 et 700 000 le nombre de migrants retenus en Libye.

Jusqu'à 20 000 personnes sont actuellement enfermées dans ces centres surpeuplés et insalubres.

Ces centres sont officieusement sous le contrôle du GNA appuyé par la communauté internationale.

Amnesty appelle à la libération immédiate de tous les migrants détenus dans les centres de détention en Libye et demande aux gouvernements européens de repenser leur coopération avec ce pays.

Amnesty dit avoir interrogé des dizaines de migrants et réfugiés qui se sont exprimés sur les "abus dont ils ont été victimes ou (.) témoins", citant notamment "la détention arbitraire, la torture et le travail forcé".

Les migrants disent être torturés par les gardes dans les centres de détention pour leur extorquer de l'argent. " S'ils peuvent payer, ils sont libérés tout comme ils peuvent être remis aux trafiquants qui se chargent de leur départ de la Libye ".

Des vidéos, des photos et des documents examinés par Amnesty International montrent qu'une frégate donnée par l'Italie en avril 2017, le Ras Jadir, a été utilisée par les garde-côtes libyens lors d'un terrible incident le 6 novembre 2017, au cours duquel leurs manœuvres brutales ont contribué à la noyade d'une cinquantaine de personnes.

"Ils m'ont frappé avec un tuyau en caoutchouc, parce qu'ils voulaient de l'argent pour me libérer".

Des dizaines de migrants et de réfugiés ont raconté le cycle avilissant d'exploitation auquel ils sont soumis par la collusion entre les gardiens, les passeurs et les garde-côtes libyens.

Sur les 11 premiers mois de l'année, près de 3.000 personnes sont mortes ou ont disparu en mer en tentant de rejoindre l'Europe, d'après le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

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