La motion de défiance contre Delphine Ernotte adoptée à 84 %

13 Décembre, 2017, 03:21 | Auteur: Aubrey Nash
  • La présidente de France Télévisions Delphine Ernotte le 5 mars 2017 à Paris

Les journalistes de France 2, de la rédaction nationale de France 3, de franceinfo tv, de franceinfo.fr, des sports, de "Thalassa" et de "Faut pas rêver" ont pris part au vote.

La sanction est tombée. Malgré le rétropédalage de sa présidente, Delphine Ernotte, qui a revu à la baisse les suppression d'emplois au département information, les journalistes ont maintenu pour aujourd'hui le vote d'une motion de défiance à son encontre.

A la question "Faites-vous confiance à Delphine Ernotte-Cunci pour préserver la qualité et les moyens de l'information à France Télévisions?", 83,77% des journalistes votants ont répondu "non" mardi, 8,95% ont opté pour le "oui", et 7,28% ne se sont pas prononcés, selon les chiffres des SDJ.

Cette motion a été mise en place suite à la décision de France Télévisions de faire 50 millions d'économies en 2018. Ce mercredi, trois syndicats, la CGT, FO et le Syndicat national des journalistes (SNJ) ont en effet appelé l'ensemble des salariés du groupe à une grève de vingt-quatre heures pour protester contre un projet de réforme en profondeur de l'audiovisuel public préparé par le gouvernement. Mais, dans le même temps, elle acte les changements à venir.

Le message de Delphine Ernotte à ses salariés, hier, n'y aura rien fait. Je prends au sérieux la mise au vote d'une motion de défiance. Nous ne sommes pas rétifs au changement ni aux économies, nous demandons simplement à être traités comme les autres.

Quelques jours seulement après les propos d'Emmanuel Macron sur le service public audiovisuel "honte de la République", voilà une découverte qui va apporter - mais en avaient-ils besoin - encore plus d'eau au moulin des critiques de Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions. "Distraire fait partie de nos missions de service public, mais nous estimons qu'offrir une information rigoureuse et de qualité passe avant", estime Clément le Goff, le président de la SDJ de France 2.

"France 2 avait envisagé de réduire drastiquement la diffusion de magazines emblématiques: " Envoyé spécial " et " Complément d'enquête ".

Si cette motion de défiance n'a aucun poids juridiques, elle reste un désaveu pour Delphine Ernotte, qui avait essayé d'apaiser les esprits lundi 11 décembre.

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