Recomptage total des voix — Présidentielle au Honduras

07 Décembre, 2017, 02:37 | Auteur: Lynn Cook
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Zelaya soutient le candidat de l'Alliance de l'opposition contre la dictature, Salvador Nasralla, présentateur de télévision. Elle considère désormais qu'il est nécessaire de revoir tous les procès-verbaux, au nombre de 18 000, et même de recompter tous les bulletins de vote un à un. Mais l'Alliance de l'opposition a finalement décidé qu'elle ne participerait pas à ce nouveau dépouillement. Ce dernier, qui s'exprimait depuis le siège du Parti national (droite), s'est montré convaincu de sa réélection, une nouvelle qu'il a dit attendre avec une "grande impatience", tout en assurant que son geste à l'égard de l'opposition "n'était pas un signe de faiblesse, mais de force".

Dans des déclarations aux médias locaux HCH, Nasralla a déclaré que le président Juan Orlando Hernandez "a payé des militaires sans scrupules de ne pas appliquer" l'article 272, qui entre autres choses, oblige les forces armées à "maintenir la paix, la règle de la Constitution, les principes du suffrage libre et l'alternance dans l'exercice de la Présidence de la République".

Vendredi, le Conseil des ministres du Honduras a donc suspendu plusieurs garanties constitutionnelles et décrété l'état d'urgence, avec un couvre-feu prévu sur une période de dix jours, pour contrôler les mobilisations de l'opposition. Ce dernier avait affirmé lundi à l'AFP qu'il ne pourrait "jamais accepter" ces résultats "ni officiels ni définitifs".

Les observateurs internationaux semblent se ranger, à demi-mot, de son côté. "S'il vous plaît, ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé", a déclaré la coordinatrice de la mission, l'eurodéputée portugaise Marisa Matias, lors d'une conférence de presse.

L'Organisation des Etats américains (OEA) est allée plus loin encore: "La marge étroite des résultats, ainsi que les irrégularités, les erreurs et les problèmes systémiques qui ont entouré cette élection ne permettent pas à cette mission d'avoir des certitudes sur les résultats", a déclaré l'ex-président bolivien Jorge Quiroga, chef de la mission de l'OEA. Selon le quotidien El Heraldo, plus de 1 300 personnes ont déjà été arrêtées pour ne pas l'avoir respecté.

Mais l'état d'urgence n'empêche pas la violence, dans ce pays pauvre miné par les gangs criminels: dimanche soir dans le département d'Olancho (est), quand deux policiers ont été abattus par deux habitants circulant en voiture malgré l'interdiction, selon la police.

A 18H00 locales (02H00 mardi en Suisse), heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu, d'autres unités de la police sont arrivées à la caserne des "Cobras" pour leur apporter leur soutien, formant un cortège de motos et de véhicules de patrouille, toutes sirènes hurlantes. Des centaines d'habitants du voisinage ont accouru pour les applaudir, certains arborant des pancartes avec l'inscription "J'aime la police".

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