Trois cadres du cimentier Lafarge mis en examen pour financement terroriste — Syrie

04 Décembre, 2017, 08:10 | Auteur: Ruben Ruiz
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Deux autres cadres du groupe ont été présentés vendredi aux juges d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen. Une première mise en examen a été prononcée. Parmi eux, Bruno Pescheux, ancien directeur du site; Frédéric Jolibois, directeur local depuis 2014; et Jean-Claude Veillard, le directeur de la sûreté du groupe, également accusé de financement terroriste.

Le groupe Lafarge a-t-il financé indirectement Daech pour continuer à exploiter cette cimenterie en Syrie? Le premier a été placé en détention provisoire par le parquet de Paris. La branche syrienne du groupe (Lafarge Cement Syria, LCS) versait "de 80.000 à 100.000 dollars" par mois à un intermédiaire, Firas Tlass, ex-actionnaire minoritaire de l'usine, qui ventilait ensuite les fonds entre différentes factions armées, d'après l'ex-directeur.

Lafarge est soupçonné d'avoir pactisé avec des groupes djihadistes, dont l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi, qui est derrière les attentats les plus meurtriers commis en France ces dernières années. Oui, soupçonne la justice française, qui a mis en examen trois cadres de Lafarge.

Il lui est aussi reproché de s'être approvisionné en pétrole auprès de l'organisation, qui avait pris le contrôle de la majorité des réserves stratégiques de la Syrie à partir de juin 2013. L'Etat Islamique en touchait près de 20 000 dollars selon lui.

Les investigations se sont accélérées ces dernières semaines. Une vaste perquisition a été menée à la mi-novembre au siège du cimentier à Paris. Sollicité, LafargeHolcim n'a pas souhaité faire de commentaires.

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