Feu vert européen pour cinq ans de plus — Glyphosate

03 Décembre, 2017, 02:20 | Auteur: Lynn Cook
  • Les écologistes ont été les premiers à s’insurger de la décision prise hier à Bruxelles

Si le vote en appel de lundi avait aussi enregistré une impasse, c'est l'exécutif européen qui aurait dû trancher. La France, déterminée à sortir du glyphosate " au plus tard dans trois ans", a voté contre. "Nous étions au départ, je vous le rappelle, au mois de juillet, sur un renouvellement pour dix ans".

"Mais cinq ans, c'est trop long et les mesures d'accompagnement pour l'instant sont insuffisantes".

"Je suis convaincu que les alternatives (au glyphosate) existent, et trois ans me paraît un calendrier raisonnable pour concilier les points de vue", a-t-il dit. "La France doit être à la hauteur de sa promesse, on sera vigilant à ce que ne soit pas une parole en l'air".

Syndicat agricole majoritaire, la FNSEA a pris acte du vote, mais déploré que Paris ait "fait bande à part". En effet, le probable futur leader mondial de l'agriculture sera la société allemande Bayer, qui est en négociation pour acquérir la firme américaine Monsanto, notamment productrice et distributrice du Round-up, contenant du glyphosate. Nicolas Hulot et Stéphane Travert, respectivement ministre de la Transition écologique et solidaire et ministre de l'Agriculture et de l'alimentation, s'étaient affrontés quant à la durée d'un possible renouvellement.

Nicolas Hulot a donné rendez-vous à l'issue, en décembre, des Etats généraux de l'alimentation en cours depuis juillet.

Le gouvernement français a aussi demandé à la Commission européenne de faire "rapidement" des propositions pour revoir ses modes d'évaluation des substances chimiques, afin de renforcer leur "transparence et leur indépendance", écrit le cabinet du Premier ministre Edouard Philippe.

Ils ajoutent: " Nous demandons à ce que la décision concernant le renouvellement de l'approbation du glyphosate soit fondée sur des résultats scientifiques crédibles et indépendants et non sur des copiés-collés d'études biaisées, fournies par l'industrie.

Après le vote européen, les ONG en avaient appelé au gouvernement français.

Bref, face à une France avançant en ordre dispersé, la Commission, forte du soutien de dernière minute de l'Allemagne, a fait valoir sa position.

"Le feuilleton du glyphosate depuis deux ans a mis en lambeaux la confiance du public dans les procédures d'homologation. On veut interdire le glyphosate en France, mais on va importer des produits qui sont badigeonnés de glyphosate, 20 fois plus qu'en France, et ça ne choque personne".

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