Nouveau veto russe à l'ONU — Armes chimiques

18 Novembre, 2017, 00:52 | Auteur: Lynn Cook
  • Etats-Unis et Russie ont transmis à leurs partenaires du Conseil de sécurité deux projets de résolution divergents sur une prolongation du mandat du groupe d'enquêteurs sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie

Entre Moscou et Washington, les tensions restent vives sur le dossier syrien.

Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à voter vendredi sur une prolongation technique d'un mois du mandat des experts internationaux enquêtant sur les armes chimiques en Syrie, au lendemain d'un veto de la Russie à une extension d'un an, selon des diplomates.

Prolongations? Les Etats-Unis souhaitaient une prolongation de deux ans du mandat de la commission d'enquête de l'Onu et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OAIC), appelée Mécanisme d'enquête conjoint (Joint Investigative Mechanism, Jim). La Russie, la Chine, la Bolivie et le Kazakhstan ont été les seuls à l'appuyer, alors que sept membres l'ont rejetée et que quatre autres pays se sont abstenus. Jeudi soir, à New York, la Russie a de nouveau fait usage de son droit de veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Rejetant les accusations des diplomates occidentaux, l'ambassadeur russe, Vassily Nebenzia, a expliqué que son pays s'est opposé au texte américain en raison de son "déséquilibre", ajoutant que le projet de résolution n'a subi, après moult négociations, que "des modifications superficielles". Tous les membres du Conseil de sécurité - y compris Moscou - ont répété ces dernières semaines être en faveur d'un renouvellement du JIM.

Les États-Unis, ses alliés et les groupes de défense des droits de la personne ont qualifié la décision de grave revers dans le processus devant identifier les responsables des attaques aux armes chimiques en Syrie et de les forcer à rendre des comptes. Le vote de jeudi a déclenché une guerre des mots entre la Russie et les Etats-Unis au sein du Conseil de sécurité, quelques heures seulement après l'annonce par la porte-parole de la Maison blanche de l'optimisme de Donald Trump quant à la possibilité de travailler avec Vladimir Poutine sur cette question syrienne. Fin octobre, un rapport du "JIM" a accusé le régime de Damas d'implication dans l'attaque au gaz sarin commise le 4 avril dernier à Khan Cheikhoun, faisant plus de 80 morts. Ce projet réclamait une révision de la mission des enquêteurs, dont l'objectivité est critiquée par Moscou. Les Etats-Unis veulent faire du JIM "un instrument obéissant de manipulation de l'opinion publique", a dénoncé jeudi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. La Russie avait proposé une résolution rivale qui a également été retoquée. Intervenant à la fin de la réunion du Conseil, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bachar Al Jaafari, a catégoriquement réfuté les accusations du "JIM", qui a conclu à la responsabilité du régime syrien dans l'utilisation d'armes chimiques contre des civils. "La Russie a tué le mécanisme d'enquête qui avait un soutien général dans ce Conseil" a-t-elle estimé.

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