Disparition : Françoise Héritier, grande anthropologue engagée à gauche

16 Novembre, 2017, 02:09 | Auteur: Sue Barrett
  • Françoise Héritier un des très grands noms de l'anthropologie française le 15 octobre 2005  AFP  Archives

La mort de Françoise Héritier, advenue le jour même de ses 84 ans, a donc grandement surpris.

Professeur honoraire au Collège de France, un prestigieux établissement public, où elle a succédé à Claude Lévi-Strauss, elle avait inauguré la chaire d'étude comparée des sociétés africaines. "Elle était et restera un modèle", a indiqué l'éditrice Odile Jacob sur son compte Twitter.

La première partie du livre, bien nommée "De bric et de broc" par Françoise Héritier, se situe entre écriture automatique et inventaire à la Prévert, dans le droit fil commencé de tisser avec le Sel de la vie (Odile Jacob, 2012).

Deuxième femme à enseigner au Collège de France après l'helléniste Jacqueline de Romilly, Françoise Héritier était une spécialiste des questions de parenté et de famille qui n'esquivait pas les débats de société.

Elle décide alors d'orienter sa carrière, et sa vie, vers l'anthropologie sociale.

En 1967, elle rejoint le CNRS où elle sera plus tard maître de recherches ainsi que directeur d'études à l'EHESS.

Engagée dans la lutte contre la discrimination, Françoise Héritier a été présidente de 1984 à 1995 du Conseil national du sida et membre au comité consultatif d'éthique. Elle avait travaillé notamment sur la parenté, les systèmes d'alliances et la question du genre. De ses collègues professeurs elle dira: "Je pense avoir toujours été considérée comme leur égale, intellectuellement". Elle était certes atteinte d'une maladie auto-immune qui la contraignait à se déplacer en fauteuil roulant et à un fort traitement à base de cortisone, mais paraissait à tout le moins extrêmement lucide et pleine de vie lors des récentes émissions où elle fut invitée.

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