Le siège parisien perquisitionné — Lafarge

15 Novembre, 2017, 02:24 | Auteur: Lynn Cook
  • Le cimentier suisse est visé par une enquête pour financement indirect du terrorisme

Une perquisition était en cours, ce mardi au siège de Lafarge à Paris, dans le cadre d'une enquête sur les conditions de fonctionnement de sa cimenterie de Djalabiya, au nord de la Syrie, rapportent les médias français. "Les enquêteurs français sont en train de perquisitionner nos locaux", a indiqué une porte-parole de LafargeHolcim à l'AFP, confirmant une information de la radio France Inter.

Parallèlement, une perquisition a eu lieu au siège de Groupe Bruxelles Lambert (GBL), la holding du milliardaire belge Albert Frère qui détient 9,4 % du capital de LafargeHolcim.

Les enquêteurs cherchent aussi à savoir si des responsables de cette entreprise en France avaient eu connaissance de tels accords et du danger qu'ils ont pu faire courir aux employés syriens sur place.

Malmené à la Bourse de Paris à la suite de ces informations, le titre LafargeHolcim a clôturé en baisse de 1,95 %.

L'enquête, menée depuis juin par 3 juges d'instruction, s'attache à déterminer si le géant du ciment a indirectement financé certains groupes, notamment l'EI, pour continuer à faire fonctionner la cimenterie en question en 2013 et 2014 malgré le conflit en Syrie.

"LafargeHolcim rappelle qu'il a condamné avec la plus grande fermeté les erreurs commises en Syrie et qu'il met tout en place pour qu'une telle situation ne puisse plus se reproduire". Le siège parisien de Lafarge a fait mardi matin l'objet d'une perquisition par le service national des douanes judiciaires.

Ces révélations, publiées en juin 2016 par le journal Le Monde, ont montré du doigt de "troubles arrangements" entre Lafarge Cement Syrie (LCS), la branche syrienne du groupe, et l'organisation Etat islamique alors que le groupe jihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région.

"Pour moi, les choses étaient sous contrôle".

Le groupe, alors dirigé par le PDG Bruno Lafont, a fusionné l'année suivante avec le suisse Holcim.

A ce jour, les magistrats instructeurs ont interrogé plusieurs ex-employés syriens de l'usine.

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