"Paris Match" publie une photo interdite — Procès d'Abdelkader Merah

12 Novembre, 2017, 02:36 | Auteur: Lynn Cook
  • Procès d'Abdelkader Merah:

"Je suis scandalisé, scandalisé, parce que c'est interdit", a à son tour réagi sur RTL Me Eric Dupond-Moretti, l'avocat d'Abdelkader Merah qui est parvenu à obtenir l'acquittement de son client pour complicité des attentats de Toulouse et Montauban commis en mars 2012 par Mohamed Merah.

Selon une source judiciaire, l'enquête du parquet a été ouverte sur le fondement de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui interdit la captation et la diffusion d'images lors d'une audience judiciaire. Au terme de cinq semaines d'audience, le frère du jihadiste Mohamed Merah a été condamné la semaine dernière à vingt ans de réclusion criminelle. Accusé lui aussi lors de ce procès, Fettah Malki a pour sa part été condamné à 14 ans de prison. La police judiciaire va devoir le déterminer mais il suffit d'observer l'angle de ces deux photographies pour réaliser que les journalistes, réunis pour certains dans le box de la presse, ne pouvaient prendre ces photos. En le publiant, Paris Match s'expose à une amende de 4.500 euros, mais surtout à la "confiscation du support de l'image utilisé". Me Christian Etelin et Edouard Martial ont décidé de déposer plainte au nom de Fettah Malki. "Voilà en quoi ça me choque, on ne peut pas tout s'autoriser", a-t-il conclu. Il y a ce que l'on appelle un droit à l'image. "Nous assumons totalement, c'est un choix délibéré", a assuré mercredi à 20 minutes Régis Le Sommier, le directeur adjoint de Paris Match.

Ainsi, le journal détenu par le groupe Lagardère a publié dans sa version papier et sa version web deux photos des accusés lors du procès. Nous nous sommes retrouvés avec ce matériel et nous avons décidé de les publier pour leur portée historique.

Me Dupond-Moretti, que l'on apperçoit sur une des photos avec son associé Me Antoine Vey, ne décolère pas.

Pour Paris Match, une telle pratique n'est pas une première. Sur l'autre, on voit Zoulikha Aziri, la mère de la fratrie Merah, et au second plan le deuxième accusé Fettah Malki. Michel Fourniret avait refusé à l'ouverture du procès de s'exposer aux prises de vue des photographes et cameramen avant le début de l'audience. Le ministère public a estimé dans un communiqué que la cour d'assises spéciale de Paris "n'avait pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits qui lui étaient soumis", notamment pour avoir acquitté Abdelkader Merah de la "complicité d'assassinats".