Des professeurs ne veulent plus que le masculin l'emporte sur le féminin

10 Novembre, 2017, 03:32 | Auteur: Lynn Cook
  • CreativeI via Getty Images                       Plus de 300 professeurs n'enseigneront plus que le masculin l'emporte sur le féminin

Dans une tribune parue mardi sur le site Slate.fr, quelque 314 professeurs des écoles, collèges et lycées déclarent "avoir cessé ou (s') apprêter à cesser d'enseigner" cette règle de grammaire, qui veut par exemple que dans un groupe nominal, l'adjectif prend toujours le genre masculin s'il est précédé ou suivi de noms communs féminins et masculins. Cette dernière consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs de genre différents au masculin.

Pourquoi? Cette règle datant du XVIIe siècle n'a pas toujours été en vigueur et, selon eux, elle est le reflet d'une volonté politique de maintenir les femmes dans une position d'infériorité.

Des arguments étayés par bien d'autres dans la tribune publiée par Slate.

Elle est d'autant plus illégitime à leurs yeux qu'elle n'a été créée que récemment dans l'histoire de la langue française. "Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e, comme c'était le cas en latin et comme c'est encore souvent le cas dans les autres langues romanes", arguent-ils.

En outre, la décision d'appliquer la règle de grammaire "le masculin l'emporte sur le féminin " est politique et non pas linguistique.

Ils citent ainsi les défenseurs de cette réforme de la langue, qui assumaient de défendre un masculin "plus noble".

Pour ces signataires, la répétition de cette formule à l'école "induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d'un sexe sur l'autre". "Ce qui est important, c'est que les règles enseignées aux élèves soient validées officiellement par l'Éducation nationale afin que les enfants ne soient pas pénalisés lors des examens", indique à l'AFP Samuel Cywie, porte-parole de la Peep, une des deux grandes fédérations de parents d'élèves.

Dans ce contexte de lutte pour l'égalité de la femme, où l'on se rend compte de toutes les conséquences des stéréotypes de genre, cette règle de grammaire n'est pas à prendre à la légère.

Sur France Culture, Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes n'est pas emballée par la tribune: " Honnêtement, je pense que c'est assez problématique ", " on ne peut pas décider de son propre chef ce qu'on va enseigner ou pas, quelle qu'en soit la raison ".

"Je suis très favorable à féminiser le langage", à dire par exemple "celles et ceux, les Françaises et les Français, les policières et les policiers etc", afin de "ne pas +invisibiliser+ les femmes".

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