Shakira et Jean-Jacques Annaud dans le viseur — "Paradise Papers"

09 Novembre, 2017, 01:02 | Auteur: Sue Barrett

Les Paradise Papers ont également révélé que ce trust abritait une société écran: Uspallata Limited.

Un an et demi après les Panama Papers qui avait démontré l'évasion fiscale des frères Almodovar (malgré eux), les Paradise Papers ont révélé ce mercredi 8 novembre que le réalisateur français Jean-Jacques Annaud avait utilisé durant vingt ans un processus d'optimisation fiscale en plaçant plus d'1,2 million d'euros dans divers pays (des îles anglo-normandes à Hong Kong en passant par les Caraïbes). Le quotidien affirme aussi que le cinéaste français Jean-Jacques Annaud a caché au fisc pendant 20 ans une partie de son argent aux îles Caïmans, puis à Hongkong. "Il y abritait les recettes de films à succès depuis Sept ans au Tibet". Cette structure, très prisée des grandes fortunes est ouverte par la Royal Bank of Scotland (RBS), explique encore "Le Monde", membre du Consortium.

Sur le papier, ce sont la Royal Bank of Scotland Trust Company Limited, basée sur l'île de Guernesey et un certain Michael T., avocat basé à Beverly Hills, qui sont chargés de contrôler ces fonds dont la femme et les enfants du réalisateur sont les bénéficiaires.

Ce mécanisme permet à Jean-Jacques Annaud de placer son argent tout en se tenant à distance des radars du fisc français. "M. Annaud est bon cinéaste, mais pas excellent fiscaliste".

Mais, le jour même de sa création, l'administrateur du trust autorise le versement d'une action de la société Uspallata Limited (anciennement Aislaby Limited), immatriculée aux Iles Vierges britanniques. Le gestionnaire estime que "ces dernières années, nous avons géré les biens de M. Annaud estimés à plusieurs millions de dollars; le cachet classique pour la réalisation d'un film s'élevant en moyenne à cinq millions de dollars". On découvre qu'elle dissimulait des actifs d'une valeur de 1,48 millions de dollars (1,2 millions d'euros), principalement sous la forme d'actions.

En 2014, changement de stratégie: Jean-Jacques Annaud ouvre une nouvelle société à Hong Kong, Rising Dragon, renommée plus tard Ginkgo Holdings Limited. Tout comme la société Uspallata, en février 2017.

Le cinéaste a, entre temps, vidé le compte en banque et transféré 1,15 million d'euros vers le compte hongkongais de la société Ginkgo Holdings. Des cabinets anglo-saxons l'auraient encouragé à créer ce trust. Actuellement au Canada, où il tourne l'adaptation du best-seller de Joël Dicker, La Vérité sur l'affaire Harry Québert, pour TF1, ce dernier a réagi par la voix de l'un de ses avocats, Me Eric Delloye.

Une méconnaissance du système fiscal?

Ce dernier s'est alors empressé de contacter la cellule de régularisation de Bercy, souligne encore Franceinfo. Selon un article sur CIJI publié sur le site de France Inter, "Monsieur Annaud n'a en effet jamais déclaré au fisc français les avoirs qu'il possède dans des paradis fiscaux, alors qu'il s'est toujours considéré comme résident fiscal en France".

Pour son avocat, "vraisemblablement, ce sont les banquiers qui géraient ses comptes qui, ne voulant pas avoir la moindre responsabilité, ont préféré transférer ses avoirs" vers des juridictions plus opaques et moins regardantes.

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