Harvey Weinstein aurait fait appel à des espions — Harcèlement sexuel

08 Novembre, 2017, 00:58 | Auteur: Sue Barrett
  • JACQUES DEMARTHON  AFP

Selon Ronan Farrow qui publie un nouvel article dans le New Yorker, le producteur américain Harvey Weinstein aurait employé de "collossaux moyens" pour essayer d'étouffer les révélations sur ses abus sexuels présumés. Il a utilisé via ses avocats les services d'ex-agents secrets enquêtant sous de fausses identités, ou des journalistes de la presse à scandale. Cette dernière aurait contacté l'actrice Rose McGowan, l'une des principales accusatrices d'Harvey Weinstein, en prétendant être une militante des droits des femmes. Elle a enregistré en secret des heures de conversations avec la star de Charmed, qui s'apprête à publier ses mémoires, The Brave, un livre qui inquiétait Harvey Weinstein.

Dans le contrat qui liait Harvey Weinstein à Black Cube, signé en juillet dernier, était mentionné l'objectif poursuivi: arrêter les enquêtes journalistiques sur les agressions sexuelles commises par Harvey Weinstein.

Cette armée d'espions a permis à Harvey Weinstein de surveiller les enquêtes menées par les journalistes, le tout afin de s'assurer de pouvoir les contredire voire les discréditer.

Le New Yorker cite des dizaines de documents et sept personnes directement impliquées dans les efforts de Weinstein pour empêcher en vain la publication d'accusations de viols et agressions sexuelles. Il engagera des agents de deux sociétés, Kroll, l'une des plus grandes sociétés de renseignement d'entreprise au monde, et Black Cube, une entreprise dirigée par d'anciens officiers du Mossad et d'autres agences de renseignement israéliennes.

Le producteur déchu, qui est aujourd'hui visé par des enquêtes policières, "surveillait personnellement les progrès de ces enquêtes". Certaines étaient orchestrées par ses avocats, dont David Boies, célèbre notamment pour avoir défendu Al Gore lors du litige sur le scrutin présidentiel de 2000 et pour avoir plaidé en faveur du mariage gay devant la Cour suprême. Son cabinet défend par ailleurs le New York Times dans un procès pour diffamation. L'un des journalistes de National Enquirer a notamment appelé l'ex-femme d'un réalisateur ayant eu une relation amoureuse avec Rose McGowan, Roberto Rodriguez, pour lui faire dire des commentaires négatifs sur la comédienne.

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