Explosion AZF: prison avec sursis pour l'ex-directeur du site

01 Novembre, 2017, 00:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Explosion AZF: prison avec sursis pour l'ex-directeur du site

A 10h17 le 21 septembre 2001, près de Toulouse, une très violente explosion dans l'usine chimique AZF entraînait la mort de 31 personnes, dont 21 sur le site. Le parquet général avait requis trois ans de prison avec sursis et 45'000 euros d'amende contre M. Biechlin et 225'000 euros contre la société Grande Paroisse. Grande Paroisse, la filiale de Total, propriétaire de l'usine, est condamnée à l'amende maximale de 225 000 euros.

Seize ans après le drame qui a meurtri la Ville rose, les juges ont condamné Serge Biechlin, l'ancien directeur du site, à quinze mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour "homicides et blessures involontaires". La justice considère que Serge Biechlin et Grande Paroisse sont coupables de "négligences " et de "fautes caractérisées ". La société exploitante a écopé de l'amende maximale de 225.000 euros.

En première instance en 2009, le TGI de Toulouse avait prononcé la relaxe en estimant que le lien de causalité entre les dysfonctionnements dans l'usine et l'explosion n'était pas démontré. Des milliers de personnes étaient blessées.

Le traumatisme est intact pour les anciens travailleurs d'AZF, qui n'ont pas oublié le "sentiment d'apocalypse". Un jugement annulé en 2015 par la Cour de cassation en raison d'un doute sur l'impartialité d'un magistrat, engagé dans une association d'aide aux victimes.

Le troisième procès n'a pas apporté de révélations, mais la décision de la justice étaient très attendue par les victimes, épuisées par des années de litige et des séquelles parfois lourdes de l'explosion. Il n'y a pas de preuve dans ce dossier: pas de preuve d'un attentat, mais pas de preuve non plus des négligences dont nous parle la Cour d'appel.

Les victimes - 2.700 se sont constituées parties civiles - ont obtenu de la justice la validation du scénario d'une explosion due au déversement accidentel d'un produit chloré sur un tas de nitrate d'ammonium, rendu possible par une mauvaise gestion des déchets de cette usine classée Seveso 2. Il y a une explosion qui a commencé dans le bâtiment 221", où était stocké du nitrate d'ammonium, a assuré l'un des avocats généraux, alors que la défense a émis des doutes sur cette piste dite " accidentelle", avançant d'autres hypothèses: "un acte terroriste, ou une explosion due à de très vieux résidus de poudre dans le sol.

Depuis Toulouse, Félix Saunier, représentant de la fédération CGT des industries chimiques, partie civile au procès, en a tiré une conclusion: "Il n'y a plus de mystère".

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