Madrid déclenche le processus de suspension de l'autonomie de la région

26 Octobre, 2017, 01:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Source AP  Le premier minsistre Mariano Rajoy

Carles Puigdemont, président de la Catalogne, n'ayant pas affirmé clairement qu'il ne déclarait pas l'indépendance de la Communauté, Madrid a réagi. Juste avant, il avait dénoncé "un coup d'Etat contre les institutions de Catalogne".

Le président catalan Carles Puigdemont a jusqu'à demain, jeudi 19 octobre, pour renoncer à l'indépendance.

"Le gouvernement a dû appliquer l'article 155 de la Constitution".

Jamais utilisé depuis le vote de la Constitution espagnole en 1978, l'article 155 ne mentionne pas quelles décisions peut prendre le gouvernement espagnol. Ce n'était ni notre souhait ni notre intention.

Leprésident du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé, samedi 21 octobre, le limogeage du gouvernement régional de Catalogne, afin de convoquer de nouvelles élections pour empêcher la sécession de la Catalogne. Avec deux options dans ses mains: soit proclamer la République catalane, ou reculer, pour conserver l'autonomie catalane et convoquer de nouvelles élections régionales qui désactiveraient de fait l'article 155. Il prévoit que l'Etat puisse prendre "les mesures nécessaires" pour contraindre la région autonome à respecter ses obligations.

"On ne suspend pas l'autonomie de la Catalogne", a toutefois assuré le chef du gouvernement espagnol.

Après un conseil extraordinaire des ministres, le président du gouvernement a choisi de révoquer président, vice-président (Oriol Junqueras), et ministres régionaux de la Catalogne. Il s'agit seulement selon lui de destituer "les personnes qui ont placé ce gouvernement hors la loi", en faisant voter des lois contraires à la constitution espagnole et au statut d'autonomie de la Catalogne.Leurs fonctions seront exercées "en principe par les ministères [nationaux] aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle". Ces "mesures" devront être soumises au Sénat pour être adoptées à la majorité absolue. Soucieux de présenter une image consensuelle face à une crise sans précédent, il voulait obtenir l'accord du Parti socialiste (PSOE), principale formation de l'opposition, avant d'ordonner la dissolution du Parlement catalan.

Après l'apparition confuse du président de la Generalitat au Parlament [le 10 octobre], dont la décision de suspendre la déclaration d'indépendance a déconcerté ses partisans et désarçonné les partis nationaux, Mariano Rajoy a adressé à Puigdemont une mise en demeure pour lui demander s'il avait déclaré ou non l'indépendance.

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