Sarkozy, un "délinquant chevronné" selon le Parquet national financier

15 Octobre, 2017, 00:50 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Parquet national financier assimile Nicolas Sarkozy à un ...

Le Parquet National Financier français (PNF) réclame le renvoi en correctionnelle de l'ancien président français, Nicolas Sarkozy, pour "trafic d'influence " et de "corruption ", ont rapporté samedi des médias français. En 2014, Nicolas Sarkozy aurait tenté d'obtenir via son avocat Thierry Herzog des informations secrètes auprès d'un haut magistrat de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, pour se voir restituer des agendas saisis par la justice dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Les magistrats du parquet national financier (PNF) ont rendu leur réquisitoire dans l'affaire dite des "écoutes". Peut-être y aura-t-il désormais un avant et un après en ce qui concerne les qualificatifs attribués à Nicolas Sarkozy? Les enquêteurs ont découvert fortuitement l'existence de ces lignes dans le cadre d'une autre affaire, celle du financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Si les juges d'instruction suivent cet avis -ils pourraient rendre leur décision d'ici à la fin de l'année- l'ancien président de la République devrait affronter un procès en public, ce qui serait une première, Jacques Chirac ayant obtenu -dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris- une dispense pour assister aux audiences.

Dans les conversations avec son avocat, Nicolas Sarkozy semble s'engager à intervenir en faveur du magistrat pour qu'il obtienne un poste de prestige à Monaco. "

"Ils ont régulièrement évoqué les moyens de tirer avantage de la présence au sein même de la Cour de cassation d'un haut magistrat qui leur était dévoué, rapidement identifié comme étant Gilbert Azibert, premier avocat général à la 2e chambre civile de la Cour."
".

Pour le parquet, les deux hommes "ont utilisé pendant plusieurs mois des téléphones occultes pour passer une partie de leurs communications, celles qui, par nature, devaient échapper à une surveillance judiciaire". Sur les 32 mois qu'elle a duré, près de 18 ont été consacrés à l'examen de recours déposés par les avocats de Nicolas Sarkozy. "Les deux téléphones, achetés en janvier 2014 sous l'identité de Paul Bismuth puis utilisés selon un mode opératoire le plus souvent utilisé par des délinquants chevronnés cherchant à déjouer les surveillances judiciaires, n'étaient pas les premiers", écrivent les magistrats dans les 79 pages de leur réquisitoire.

Si le parquet demande l'abandon des poursuites pour "recel de violation du secret professionnel", il estime totalement constituées les infractions de "corruption" et de "trafic d'influence" reprochées aux trois mis en examen et affirme que "l'information judiciaire a mis en évidence des charges lourdes et concordantes à l'encontre de MM".

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