Lafarge en Syrie : l'État français savait-il ?

14 Octobre, 2017, 01:35 | Auteur: Lynn Cook
  • Laurent Fabius ancien ministre des Affaires étrangères

Autre information potentiellement à charge contre l'Etat Français: l'entrée de l'Etat syrien au capital du cimentier, en plein conflit syrien.

En effet ces anciens employés, défendus par l'ONG Sherpa défenseur des victimes de crimes économiques, qui s'est constituée partie civile dans ce dossier, estiment que le Quai d'Orsay était au courant de l'activité du cimentier sur place, voire que le ministère aurait insisté pour qu'il reste en Syrie.

Savait-il? C'est la question à laquelle l'ONG Sherpa veut que Laurent Fabius réponde. "Il faut aussi rechercher la responsabilité de l'Etat, si jamais l'Etat est aussi impliqué", a expliqué Marie-Laure Guislain, responsable de Sherpa. A France Info, elle fait savoir ce vendredi 13 octobre que son association réclame l'audition de Laurent Fabius dans le cadre de l'enquête sur les activités de Lafarge en Syrie. Le quotidien, qui cite les déclarations des ex-dirigeants de Lafarge lors de leurs auditions, souligne que l'enquête révèle notamment que "la décision du leader mondial des matériaux de construction de rester en Syrie a reçu l'aval des autorités françaises, avec lesquelles le groupe était en relation régulière entre 2011 et 2014".

L'enquête est en cours depuis juin 2017 et porte sur des soupçons de financement du terrorisme. Contacté par Normandie-actu par le biais du Conseil constitutionnel, dont il est président, il n'a pas réagi. [.] On allait voir, tous les six mois, l'ambassadeur de France pour la Syrie et personne ne nous a dit: "'Maintenant il faut que vous partiez'", a déclaré Christian Herrault, ex-directeur général adjoint opérationnel, rapporte une source proche du dossier à l'AFP. Il a été ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016, donc chef de la diplomatie française.

A ce jour, quatre anciens employés syriens ont été entendus par les magistrats instructeurs. C'est le deuxième chef d'accusation sur lequel la justice enquête, celui de " mise en danger d'autrui ". Le groupe n'a jamais envisagé de se retirer en fermant son usine syrienne, espérant garder la main mise sur son secteur d'activité pendant la reconstruction du pays. Il aurait par ailleurs poussé l'entreprise à rester dans cette Syrie en guerre civile.

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