Voiture de police incendiée: sept "antifascistes" condamnés

12 Octobre, 2017, 00:39 | Auteur: Lynn Cook
  • La justice rend mercredi 11 octobre sa décision contre des militants antifascistes accusés d’avoir participé à l’attaque violente d’une voiture de police à Paris en 2016

Des peines allant de un an de prison avec sursis à sept ans de prison ferme ont été prononcées mercredi matin par le tribunal correctionnel de Paris contre les prévenus jugés pour l'incendie d'une voiture de police en marge d'une manifestation contre la loi travail en 2016. Sur les 9 personnes qui comparaissaient, une seule a été relaxée.

Pour l'épilogue d'un procès sous haute tension, un dispositif de sécurité rarissime était déployé au rez-de-chaussée du Palais de justice de Paris: des gendarmes par dizaines, et des barrières. Des slogans, "tout le monde déteste la police/justice", "flics violeurs assassins" ou encore "justice complice, police partout", ont retenti après la décision des juges de la XIVe chambre correctionnelle mais le calme est rapidement revenu. Joachim L. est celui qui a écopé de la peine maximale: 7 ans de prison; mais il a été condamné en son absence et la police le soupçonne de vivre en Suisse. Le Suisse Joachim Landwehr, en fuite, avait mis le feu au véhicule de police avec un fumigène. Kara B., transgenre américaine de 28 ans qui comparaissait détenue, a été condamnée à quatre ans de prison dont deux avec sursis pour avoir, notamment, lancé un plot métallique sur le pare-brise de la voiture.

Une incertitude demeure sur une incarcération ultérieure du prévenu le plus scruté du procès, le Français Antonin Bernanos, militant "antifasciste" actif devenu au fil du procès une figure pour la mouvance d'extrême gauche. Il aurait frappé à coups de poing un policier assis dans sa voiture, avant de briser la vitre arrière.

Le descendant de l'écrivain George Bernanos a déjà effectué dix mois de détention provisoire.

Un étudiant de 23 ans est condamné à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, sans mandat de dépôt.

"Nous considérons que ce jugement n'est pas totalement juridique et que les principes du droit n'ont pas été totalement respectés", dénonce Me Arié Alimi, l'avocat d'Antonin Bernanos, qui parle de "coloration politique" et dénonce la faiblesse des éléments à charge contre. Il n'est donc pas certain qu'ils fassent les peines de prison auxquelles ils ont été condamnés.

Par ailleurs, six prévenus sont condamnés à payer solidairement 5 000 € de dommages et intérêts au syndicat Alliance, qui était partie civile.

L'homme de 40 ans qui avait présenté ses excuses à l'audience pour avoir asséné plusieurs coups de barre métallique au policier, est condamné à cinq ans de prison, dont la moitié avec sursis, sans mandat de dépôt. Des participants à ce contre-rassemblement ont ensuite fondu sur la voiture sérigraphiée qui circulait sur le quai de Valmy.

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