Le procès de la seconde chance — Affaire Fiona

10 Octobre, 2017, 01:06 | Auteur: Lynn Cook
  • THIERRY ZOCCOLAN  AFP L'avocat Mohamed Khanifar défenseur de Berkane Makhlouf au tribunal de Clermont-Ferrand le 8 novembre 2013

"Je n'ai pas tué Fiona". Ces paroles viennent de la grand-mère de la petite Fiona, alors que le procès en appel de la mère de Fiona et son ancien compagnon s'est ouvert devant les Assises de Haute-Loire ce lundi. Avant d'avouer, quatre mois plus tard, que c'est elle qui l'a enterrée. Des mises en examen pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner qui ont fait suite aux aveux de Cécile Bourgeon.

Consciente d'être une mère indigne, la maman de #Fiona, qui a été condamnée à 5 ans d'emprisonnement (pour "non assistance à personne en danger" et "dissimulation de cadavre"), puis acquittée, nie toutefois être impliquée dans la mort de son enfant.

Son ex-compagnon, Berkane Makhlouf, avait lui écopé de 20 ans de réclusion criminelle. Interrogée par le président après la lecture de l'acte d'accusation, elle ne conteste pas les délits qui lui sont reprochés mais nie fermement avoir commis des violences sur sa fille Fiona.

"Que je sois en prison ou dehors, j'ai pris perpétuité. Ils m'ont condamné comme un criminel alors que moi, je n'ai jamais violenté Fiona!" La question c'est: "est-ce que je vais y arriver?", s'interroge celle qui a tenté de mettre fin à ses jours en prison durant l'été.

"Je suis écoeuré par rapport à ça (sa condamnation en novembre dernier, NDLR)". Tête baissée, enfouie dans un gros pull gris, elle dit avoir échoué en tant que mère et n'a pas su protéger sa fille. "Je jouais avec Fiona dans le couloir, je l'emmenais à l'école, je faisais le cheval, je jouais au Mikado, à la console", énumère-t-il. A l'époque, cette dernière était même apparue en larmes devant les caméras.

Le premier procès, perturbé par une médium, n'avait pas permis de percer le mystère du décès de la petite Fiona, morte en 2013 à l'âge de 5 ans et dont la dépouille n'a jamais été retrouvée. "Mon intime conviction, c'est qu'ils mentent".

"Ce que j'attends, c'est qu'il craque".

"Elle (Cécile Bourgeon) manipule la cour, elle manipule tout le monde (.) Je veux qu'elle fasse une grosse peine de prison, cinq ans, c'est pas grand-chose", a renchéri à ses côtés son fils Nicolas Chafoulais, le père de l'enfant. Les parties civiles vont tout tenter. En appel, les jurés sont neuf (six en première instance), sans compter les jurés supplémentaires en cas de défaillance d'un titulaire.

Recommande: