Le chef de la police catalane devant la justice à Madrid — Catalogne

07 Octobre, 2017, 00:08 | Auteur: Lynn Cook
  • Josep Lluis Trapero en uniforme

Des résultats encore provisoires diffusés par des responsables catalans montrent que le oui l'a emporté à 90% lors du référendum interdit de dimanche, mais la participation n'a atteint que 43% des inscrits.

Seuls 42,3 % des 5,3 millions d'électeurs auraient participé à cette consultation boycottée par les partis d'opposition et que les forces de l'ordre sont parvenues à empêcher par endroits.

Banco Sabadell, deuxième banque catalane, la plus touchée avec un effondrement de son cours de près de 6%, a décidé de réagir sans tarder: son conseil d'administration avait prévu jeudi de débattre d'un éventuel départ de son siège social de Catalogne, selon un porte-parole de cette banque. "Le collectif "¿Hablamos?" (On parle?), a de son côté lancé un appel au dialogue devant différentes mairies d'Espagne.

Carles Puidgemont, le président de la région Catalogne, farouche partisan de l'indépendance, a annoncé vendredi qu'il repoussait à mardi son intervention devant le parlement catalan prévue lundi.

L'impasse semble totale dans ce qui est la pire crise que l'Espagne ait connue depuis des décennies.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a appelé les dirigeants catalans à "revenir dans la légalité", dans un entretien avec l'agence de presse espagnole EFE.

Une déclaration d'indépendance "serait une folie", a estimé l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Barcelone, ajoutant que cette démarche ouvrirait une "boîte de Pandore" des projets séparatistes en Europe.

La Cour s'était déjà prononcée contre la tenue de ce référendum, mais l'exécutif catalan et la majorité séparatiste du Parlement régional ont toujours ignoré ses décisions.

Ils pourraient chercher à profiter de l'élan plus favorable dont ils disposent dans l'opinion catalane, qui est aussi scandalisée par les violences policières ayant fait au moins 92 blessés et quelque 800 personnes ayant requis une assistance médicale.

Le préfet, principal représentant de l'Etat en Catalogne, a pour la première fois présenté des excuses vendredi au nom des forces de l'ordre.

Le chef de la police de Catalogne est arrivé ce vendredi à l'Audience nationale de Madrid, un tribunal notamment en charge des affaires de sécurité nationale, où il est poursuivi pour "sédition". Et les deux indépendantistes ont appelé au dialogue.

Depuis le référendum d'indépendance de la Catalogne, la crise n'en cesse de se renforcer entre la Catalogne et le pouvoir central.

La crise politique a contaminé le secteur économique: Caixabank, première banque de Catalogne et troisième d'Espagne, doit décider vendredi si elle déménage son siège social hors de la région.

Ces deux banques, si elles restaient dans une Catalogne indépendante, seraient exclues de la zone euro.

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