Les présidents de régions claquent la porte de la Conférence des territoires

29 Septembre, 2017, 00:54 | Auteur: Sue Barrett
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Et d'ajouter: "Ces 450 millions, on les a signés entre le gouvernement et les régions de France".

Édouard Philippe, le Premier ministre: "Nous avons décidé de ne pas intégrer le fond exceptionnel de 450 millions d'euros dans le montant de la TVA qui vous sera alloué". Avant d'annoncer que les régions se retiraient de la Conférence nationale des territoires, un processus ouvert en juillet par le président Macron: "Le principe de base est que nous ne sommes plus en discussion avec l'Etat", a-t-il tranché. Il s'agissait alors pour ces collectivités de récupérer une partie des 800 millions d'euros que les départements dépensaient jusque-là pour aider notamment les petites entreprises. Pour les présidents de régions, s'en est trop. "C'est un coup de canif dans le contrat de confiance entre l'Etat et nous" a assuré Philippe Richert, le président de Régions de France. On se fait toujours balader", fustige-t-il, appelant à "couper les ponts avec l'État. Alors que les acteurs du logement social (lire notre article), réunis en Congrès à Strasbourg, manifestent leur colère face à la réforme des APL, au même moment, les élus des régions, réunis en congrès à Orléans, ont également montré leur contentement. De son côté, Matignon a dit "prendre acte" tout en restant "ouvert au dialogue".

Pour les régions, en revanche, il n'est "plus possible de participer aux 'simili' concertations engagées par l'Etat, que ce soit dans un cadre multilatéral (Conférence nationale des territoires, Assises de la mobilité, Etats généraux de l'alimentation...) ou bilatéral (sur la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage)", a souligné Régions de France dans un communiqué.

"Inacceptable!", "inconcevable!": les présidents de régions, réunis en congrès à Orléans, ont fait bloc contre une décision qu'ils considèrent comme un non-respect des engagements de l'Etat. Et, de fait, après plusieurs échanges houleux, les élus régionaux ont annoncé à la mi-journée ce 27 septembre 2017 leur départ de la conférence - lieu de "concertation" et de "pédagogie" selon les mots utilisés par la communication de l'exécutif - afin de dénoncer la baisse des crédits alloués aux régions.

"En ouverture du congrès, le Premier ministre avait confirmé la suppression de 450 millions d'euros de crédits pour 2018". " Le gouvernement ne peut pas honorer les chèques en bois de ses prédécesseurs: la situation budgétaire du pays ne le permet pas ", a-t-on justifié à Matignon. Au point que l'échec électoral enregistré par la République en Marche au Sénat a été en grande partie attribué à la colère des élus locaux.

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