Enquête sur une publicité recrutant des étudiantes pour "hommes riches" — Belgique

29 Septembre, 2017, 01:16 | Auteur: Lynn Cook
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La publicité, convoyée sur une remorque aux abords de l'Université libre de Bruxelles (ULB), a été saisie, le conducteur et un passager ont été entendus et la police continue de chercher à "déterminer qui est exactement responsable de la campagne publicitaire", a fait savoir le parquet dans un communiqué.

Depuis lundi, une publicité pour un site de rencontres un peu spécial, fait polémique en Belgique. "Améliorez votre style de vie, sortez avec un 'sugardaddy'", poursuit l'annonce, illustrée d'une poitrine féminine à peine cachée par un soutien-gorge. "À vomir" pour certains, "quelle horreur" s'insurgent d'autres, "choquant" ou encore "scandaleux" s'indignent encore des internautes. Ce slogan, qui promeut la prostitution étudiante, a suscité l'indignation des étudiants ainsi que celles de la ministre des Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, et son collègue en charge de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt.

La compagne publicitaire a été menée par le site de rencontre norvégien RichMeetBeautiful qui dit vouloir mettre en relation des "sugardaddies", des hommes âgés et richesavec des "sugarbabies", dont la principale caractéristique semble d'être jeunes, jolies et de préférence étudiantes.

La secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des chances, Bianca Debaets, va elle aussi déposer plainte. La ville de Bruxelles vient d'interdire cette campagne d'affichage.

"Pour moi, il s'agit de l'exploitation de jeunes filles vulnérables, qui se trouvent parfois dans des situations économiques difficiles et qui sont attirées par la promesse de beaux cadeaux onéreux et de rétribution financière si elles sont disposées à se lier à des hommes d'affaires plus âgés."

Le site de rencontre, qui veut faire de la Belgique, l'un de ses principaux marchés, comptait sillonner les universités du pays avec dix autres camions publicitaires. " a martelé Opaline Meunier, présidente de l'Union des étudiants de la Communauté française (Unecof)". On sait que le phénomène de la prostitution étudiante gagne du terrain, et voilà une entreprise qui exploite la détresse de ces jeunes femmes pour faire des profits!

"Si ce n'est pas de l'incitation à la prostitution, c'est au moins comparable à l'utilisation des services d'une escort girl".

"Ces étudiantes là, qui ont du mal à payer leurs études, ont besoin d'une bourse, pas d'un +sugardaddy+", avait-elle insisté auprès de l'AFP.

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