Perquisitions au siège de l'exécutif régional — Référendum en Catalogne

23 Septembre, 2017, 01:40 | Auteur: Jonathan Ford
  • Face à face entre manifestants pro et anti-indépendance de la Catalogne le 22 septembre 2017 à Barcelone

Jusqu'où peut aller le gouvernement de Mariano Rajoy pour empêcher la tenue du référendum?

Le message officiel télévisé a été émis seulement 30 minutes après que le gouvernement de Catalogne ait payé la masse salariale des fonctionnaires malgré l'intervention financière dans les comptes sous l'ordre du gouvernement d'Espagne.

Le président de l'exécutif autonome catalan, Carles Puigdemont, a affirmé jeudi que son administration organiserait comme prévu un référendum sur l'indépendance de la région du nord-est de l'Espagne le 1er octobre.

[Revue de presse] Autodétermination de la Catalogne: Madrid prête à tout pour éviter le référendum?

D'après un sondage daté du mois de juin, 34,7 % des Catalans se prononcaient en faveur de l'indépendance. Il ne bluffait pas.

Nous saluons les principaux responsables des organisations citoyennes et des partis politiques catalans favorables au référendum en raison de leur appel à une mobilisation pacifique des citoyens de Catalogne. Ce mercredi encore, pas moins de 13 membres de l'exécutif catalan ont été appréhendés par la Guardia Civil - une manœuvre qui n'a pas manqué de mettre le feu aux poudres dans les rangs des séparatistes, plus que jamais déterminés à provoquer leur indépendance malgré un soutien populaire mitigé. Une porte-parole de la garde civile a confirmé à l'AFP "treize arrestations de hauts responsables du gouvernement de Catalogne et 22 perquisitions".

"Nous voterons!" C'est sous ce slogan que ce sont réunis mercredi 20 septembre des milliers de manifestants catalans dans les rues de Barcelone. C'est la tentation autoritaire du gouvernement espagnol.

Apprenant sur les réseaux sociaux que des dirigeants avaient été arrêtés - une première depuis 2011 -, des milliers de Catalans indignés se sont rassemblés devant les bureaux du ministère de l'Économie tout près de la place de Catalogne, perturbant la circulation et scandant des slogans sur la liberté de voter. Les mots sont forts: les Catalans accusent le gouvernement espagnol de se comporter en dictateur. "C'est d'une irresponsabilité totale".

Une amende de 12 000 € par jour a été infligée au bras droit du vice-président catalan Oriol Junqueras, le secrétaire général de la vice-présidence Josep Maria Jove, ainsi qu'aux sept membres de la commission électorale. Théoriquement, il se tiendra le 1er octobre. Cette dernière était restée jusqu'alors très discrète sur le sujet.

La liste des maires convoqués - publiée par l'AMI sur son site internet - faisait état lundi en fin d'après-midi de 37 convocations.

En Catalogne, les opérations policières destinées à empêcher le scrutin ont suscité de nombreuses critiques. Le Parti socialiste espagnol et les journaux de Madrid comme El País le soutiennent dans son combat au nom de l'unité de l'Espagne.

S'il se tient le référendum, interdit par Madrid, risque de donner des idées à d'autres régions en Europe, analyse Jean-Noël de Bouillane de Lacoste.

Bruxelles devra aussi se positionner sur le sujet. Restera encore à savoir si une Catalogne indépendante pourra toujours faire partie de l'Union européenne.

A Madrid, un député indépendantiste a même lancé au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy "Retirez vos sales mains des institutions catalanes".

La Catalogne placée en "état d'urgence"?

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