Armés et encagoulés, ils annoncent le retour de la chasse à l'ours

16 Septembre, 2017, 01:05 | Auteur: Lynn Cook
  • Vidéo. Un commando armé décrète la réouverture de la chasse à l’ours

Rien ne va plus entre les Ariégeois et l'ours.

Ils se sont filmés en pleine nuit, les visages cachés par des cagoules noires, en tenues de chasses... et armés de fusils.

Les hommes font aussi référence à "la guerre des Demoiselles", une jacquerie qui a eu lieu dans la région aux alentours de 1830: des montagnards, déguisés en femmes, attaquaient les grands propriétaires et des gardes forestiers. L'Etat est resté sourd face aux demandes de nos élus, de nos organisations citoyennes et professionnelles.

Il devrait y avoir des suites judiciaires à la diffusion de la vidéo dans laquelle des hommes cagoulés et armés menaçent de rouvrir la chasse à l'ours en Ariège et de s'en prendre aux agents de l'Etat chargés de la gestion de l'ours dans les Pyrénées. "Aujourd'hui, face à l'agression, les Demoiselles sont de retour", clame la voix.

"Une enquête préliminaire a été ouverte dès jeudi soir pour participation armée à une attroupement par une personne dissimulant son visage afin de ne pas être identifiée", a précisé à l'AFP la procureure de Foix Karline Bouisset. Deux des membres du groupe concluent le propos en tirant une salve de fusil.

Pour ces faits, les hommes présents dans la vidéo risquent au maximum cinq ans de prison, 75.000 euros d'amende ainsi qu'une interdiction de détenir des armes.

La préfète de l'Ariège, Marie Lajus, n'a pas tardé à réagir après la publication de la vidéo, condamnant une "dérive pathétique dans la violence et l'illégalité ". "Cette simagrée d'organisation terroriste, s'il ne s'agit pas d'un canular, porte préjudice à tous ceux qui défendent le développement des territoires ruraux et de montagne", a-t-elle écrit par le biais d'un communiqué appelant les responsables professionnels, institutionnels et politiques à marquer leur désaccord avec "ceux qui franchissent la ligne de l'illégalité". En effet, cela fait plusieurs semaines voire plusieurs mois que le contexte est extrêmement tendu dans ce département, notamment depuis la mi-juillet où plus de 200 brebis avaient chuté d'une falaise, apeurées par l'animal. Les services de l'Etat rappellent que le 25 août quatre agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) ont été "victimes de menaces, de tirs de carabine et de dégradation de leur véhicule". Ces opposants à la présence d'ours dans les Pyrénées affichent clairement leur volonté de rébellion.

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