Du glyphosate retrouvé dans des céréales, des légumineuses et des pâtes

15 Septembre, 2017, 00:23 | Auteur: Jonathan Ford
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Des mueslis contiennent du glyphosate d'après une enquête de Générations futures publiée jeudi 14 septembre 2017. Des produits achetés en supermarché.

L'ONG explique que la présence de résidus de glyphosate est "fréquente" dans ce type de produits de consommation courante. Pourtant, en 2014, l'Agence Européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait coordonné une vaste étude sur la recherche de pesticides dans les aliments. En effet, en novembre dernier, Générations Futures avait testé la présence de pesticides dans 20 échantillons de céréales de petit-déjeuner distribués en grande surface. Un peu plus de la moitié contenaient du glyphosate: sept céréales de petit déjeuner sur huit; sept légumineuses sur douze et deux paquets de pâtes sur sept. Certains taux sont assez élevés: jusqu'à 2 milligrammes par kilogramme d'aliment.

Pour démontrer à quel point cette substance fait partie de notre vie quotidienne sans que l'on s'en rende compte, une ONG anti-pesticides a fait analyser trente produits de la consommation courante. "7 légumineuses sur 12 analysées" en contenaient aussi. La proportion est nettement plus faible pour les pâtes: seuls 2 échantillons sur 7 présentaient des traces de l'herbicide. Ils ont rempli leur caddie de différents aliments du quotidien tels que des paquets de lentilles, des pois cassés, des pâtes, des biscottes ou encore des céréales pour le petit-déjeuner. Enfin, note l'ONG, 3 échantillons contenaient aussi de l'AMPA, produit de dégradation du glyphosate.

Les concentrations de glyphosate retrouvées atteignant même 2.100 microgrammes/kg dans un échantillon de lentilles sèches. S'il n'y a pas de dépassement de Limite Maximale en Résidus (LMR) pour les aliments bruts (c'est à dire ici les légumineuses), l'association indique que cette LMR est "très élevée" sur les lentilles séchées. Ce type de limite n'existe pas pour les produits transformés analysés.

En mars 2015, le Centre International de recherches contre le cancer (CIRC) lié à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) émet un rapport où il classe le glyphosate comme cancérogène " probable chez l'homme ".

"Évidemment, il n'y a pas de risque d'intoxication aiguë, mais on sait qu'être exposé à un produit cancérogène à côté d'autres, dans d'autres secteurs de l'environnement, pendant des années et des années, ce n'est pas du tout une bonne nouvelle pour la santé humaine", a déclaré M. Veillerette. Produit exclusivement par la firme Monsanto jusqu'en 2000, son brevet est ensuite tombé dans le domaine public.

Selon l'ex-ministre de l'Écologie Delphine Batho, ayant participé à une précédente étude de Génération Futures, il est urgent d'interdire la commercialisation des désherbants contennant du glyphosate. C'est ce qui expliquerait la contamination de l'ensemble des personnes testées pour le glyphosate, à l'instar de celles dont les urines ont été testées positives au glyphosate lors d'une analyse d'avril 2017.

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