Le gouvernement est "serein" après la première manifestation — Code du travail

14 Septembre, 2017, 01:49 | Auteur: Lynn Cook
  • Code du travail. Philippe : « Ce n'est pas du tout un bras de fer »

Cette réforme du code du travail, vue par les syndicats comme une "remise en cause" des droits des salariés, sera le fil rouge de la mobilisation mardi.

Vent debout contre la réforme, le syndicat CGT a appelé à manifester mardi contre une "régression sociale". Dans le calendrier social, septembre n'est traditionnellement pas un mois très propice pour les actions syndicales.

Prochaine journée de mobilisation jeudi 21 septembre. Considéré comme le principal opposant au président selon un récent sondage, le héraut de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon battra aussi le pavé demain contre ce qu'il qualifie de "coup d'Etat social". Les annonces gouvernementales, en dépit de quelques louanges médiatiques, sont très décevantes.

Vendredi dernier, Emmanuel Macron déclarait à Athènes qu'il ne "céderait rien", "ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes". Le détail des ordonnances et de leurs 36 mesures est à retrouver sur le site du gouvernement. Mais, de fait, plusieurs facteurs jouent en sa faveur. Emmanuel Macron avait fait de la réforme du marché du travail l'un des points centraux de sa campagne électorale. Réformer le Code du Travail, c'est proposer un choix de société.

Contre toute attente il y a avait une importante foule en début de la matinée sur le vieux port et au bas de la Canebière où s'est préparé le cortège empruntant la canebière, puis le cours lieutaud pour se terminer place de Castelanne. La Confédération a intérêt à réussir son pari et prouver ainsi sa capacité à 'mener des rapports de force' et surtout à les gagner. Cette dernière journée pourrait d'autant plus faire recette qu'y participer n'impliquera pas de se mettre en grève.

Car la CGT est le seul grand syndicat à descendre dans la rue.

"Ce n'est pas une loi du travail, c'est une loi qui donne les pleins pouvoirs aux employeurs", critique Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, à l'origine de l'appel, aux côtés de la FSU, de Solidaires et de l'Unef. C'est toute la différence avec la loi El Khomri. Cependant, la CFDT, la CFTC, l'UNSA, considèrent qu'un certain nombre de choses sont à revoir dans le Code du Travail, et sont prêts à faire des concessions. Au Havre, la ville du Premier ministre Edouard Philippe, la police comptabilisait 3.400 manifestants.

Comment expliquer dès lors l'attitude de Jean-Claude Mailly.

Le Premier ministre a enfoncé le clou. Qui descendra dans la rue mardi?

Il ne faut pas se leurrer. Dans la foule des manifestants, des personnalités politiques comme Benoît Hamon, ancien candidat du PS à la présidentielle, ou Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Il a renvoyé la responsabilité "aux organisateurs", assurant que la CGT avait un "savoir-faire" en la matière.

Les syndicats qui préfèrent continuer à négocier doutent de l'efficacité de la contestation."Depuis 1995, les grandes mobilisations sociales n'ont pas remporté de victoire face à un gouvernement et ça fait 22 ans", estimeStéphane Sirot, historien, spécialiste du mouvement syndical. C'est une première qui s'annonce réussie. On reste dans les même eaux. Ce qui n'est pas impossible.

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