Crise du Golfe : l'Arabie saoudite suspend ses contacts avec le Qatar

10 Septembre, 2017, 08:28 | Auteur: Lynn Cook
  • Le roi Salmane d’Arabie Sadoudite

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte avaient rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec Doha.

Ils ont aussi imposé au riche petit émirat gazier des sanctions sans précédent, notamment un blocage des voies de transit maritimes, aériennes et terrestres. Ce conseil réunit l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, Koweït et Oman.

L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a appelé au téléphone le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane, pour exprimer son "désir de s'asseoir à la table du dialogue" et résoudre la crise, a rapporté, dans un premier temps, l'agence saoudienne SPA.

Les tensions se sont encore aggravées le mois dernier lorsque le Qatar a annoncé qu'il allait renvoyer à Téhéran son ambassadeur en Iran, un rival pour la plupart des pays du Golfe.

Ce porte-parole a protesté contre la manière dont Doha aurait rendu compte de l'appel téléphonique, l'accusant d'avoir "déformé le contenu de la conversation".

L'émir Tamim a par ailleurs eu vendredi un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump, d'après QNA qui a ajouté que le souverain avait insisté sur le fait que cette crise ne pouvait se résoudre que par un dialogue constructif qui ne remette pas en cause la souveraineté des Etats impliqués.

L'agence qatarie a ajouté que l'Emir Tamim a accepté la demande du Prince héritier saoudien, de charger plusieurs délégués d'examiner les questions en suspens, sans compromettre la souveraineté des Etats.

La QNA ne confirme pas non plus le désir de dialogue de l'émir en écrivant vaguement que "les deux parties sont tombées d'accord sur la nécessité de régler la crise, en s'asseyant à la table des négociations, pour préserver l'unité du Conseil de coopération du Golfe (CCG)".

Selon lui, "l'inconsistance de la politique du Qatar n'aide pas à renforcer la confiance nécessaire" au règlement de la crise.

Ils ont mis en doute l'affirmation faite par cheikh Sabah, selon laquelle le Qatar serait prêt à accepter les treize demandes formulées par ces quatre pays et répété que "la négociation sur ces demandes ne doit être précédé par aucune condition". Le Qatar a catégoriquement rejeté ces accusations.

En dépit de la persistance de la crise de confiance entre Riyad et Doha, la prise de contact est en elle-même "significative", estime l'analyste Kristian Ulrichsen, du Rice University's Baker Institute for Public Policy.

L'émir de Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah.

Pendant la conversation, qui a eu lieu jeudi, M. Trump a souligné qu'il est important de cesser de financer le terrorisme et de combattre l'idéologie extrémiste, a dit la Maison Blanche dans un communiqué.

Recommande: