Le parlement vote la tenue du referendum du 1er octobre — Catalogne

08 Septembre, 2017, 00:23 | Auteur: Lynn Cook
  • Madrid lance la riposte au défi séparatiste catalan
AFP
 Thomas SAINT-CRICQ AFP

Le gouvernement conservateur espagnol a annoncé mercredi un premier recours devant la Cour constitutionnelle contre les débats au Parlement de Catalogne en vue de l'adoption d'une loi organisant un référendum d'autodétermination dans la région.

A Barcelone, le parlement catalan doit aussi siéger à nouveau à partir de 10h00 (8h00 GMT) et pourrait examiner une "loi de transition" qui doit définir comment la Catalogne fonctionnerait en cas d'hypothétique déclaration d'indépendance.

" Il n'y aura pas de référendum d'autodétermination ", a prévenu le président en promettant de mettre en oeuvre " tout ce qui sera nécessaire " pour l'éviter.

"La région reste partagée: "à la question " Voulez-vous que la Catalogne devienne un État indépendant", 41,1 % des Catalans ont répondu " oui " en juin, 49,9 % " non", selon le baromètre du Centre d'études d'opinion catalan.

À Barcelone, le porte-parole du gouvernement catalan, Jordi Turull, a dénoncé un " état de siège latent " imposé à la région, mais a assuré que les séparatistes ne se laisseraient pas impressionner par la " pluie de plaintes en justice " et tiendraient le référendum coûte que coûte. La Constitution espagnole affirme que le territoire nationale est indivisible. Il a été adopté à 72 voix pour et onze abstentions. Finalement, rapporte Le Monde, " Après onze heures de débat, le texte a été approuvé par les 72 députés indépendantistes (sur 130 au total).

Cette signature intervient après la promulgation de la loi régionale organisant la tenue de ce scrutin, au nom du "droit du peuple catalan à décider de son avenir politique".

Selon le président indépendantiste catalan, Carles Puigdemont, " les concepts d'État et d'unité des patries [.] n'ont plus d'avenir dans l'Europe démocratique actuelle ".

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy et son adversaire socialiste Pedro Sanchez le 7 septembre 2017 à Madrid
Catalogne : Madrid réclame l'annulation des premiers débats sur le référendum

Cette loi instaure un " régime juridique exceptionnel " prévalant sur toutes les normes qui pourraient entrer en conflit avec elle, un défi sans précédent à l'autorité de Madrid.

La décision du gouvernement indépendantiste catalan d'aller de l'avant malgré l'opposition du gouvernement central espagnol et l'interdiction du plus haut tribunal du pays plonge l'Espagne dans l'une des plus graves crises politiques que le pays ait connues depuis 40 ans.

Le procureur général de l'État a lui annoncé des poursuites judiciaires contre l'ensemble du gouvernement catalan ainsi que les responsables du parlement régional qui ont soumis au vote la " loi d'organisation du référendum " adoptée mercredi en urgence, au grand dam de l'opposition.

Ce statut a été amendé en 2010 par la Cour constitutionnelle à la demande de la droite.

En forçant la tenue de ce référendum, les séparatistes catalans ont démarré une course contre la montre avec Madrid, qui devra réagir de façon significative d'ici trois semaines pour empêcher la consultation qui pourrait conduire cette région espagnole de 7,5 millions d'habitants à faire sécession du Royaume d'Espagne.

Dès ce jeudi matin, un conseil des ministres extraordinaire est prévu.

Recommande: