Reportage contre l'Azerbaïdjan : la présidente de France 2 convoquée au tribunal

07 Septembre, 2017, 01:29 | Auteur: Lynn Cook
  • Charles Platiau  Reuters                       Elise Lucet sera jugée ce mardi pour un reportage de 2015 pour

Ce mardi, au tribunal correctionnel de Nanterre, France 2 et la journaliste étaient poursuivis en diffamation par le pays. Le 7 septembre 2015, elle avait introduit un reportage sur les coulisses des voyages présidentiels de l'ancien chef d'Etat français François Hollande, largement consacré à l'Azerbaïdjan, en présentant le régime azerbaïdjanais comme une "dictature, l'une des plus féroces au monde". Au cours du reportage, le journaliste Laurent Richard taxait également le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev (en poste depuis 2003) de "dictateur" et de "despote" qui gouvernerait son pays "à la façon d'un Corleone" (parrain de la mafia). Ce qui avait entraîné la mise en examen, presque toujours automatique en matière d'accusation de diffamation, de la présidente de France Télévisions Delphine Ernotte pour diffamation envers particulier.

Cash Investigation est "à la recherche du sensationnel", a affirmé Me Olivier Pardo qui défend l'Azerbaïdjan. Ce n'est pas de l'information, mais de la dénonciation. Laurent Richard avait quant à lui qualifié le pays de “dictature” et son président de “despote” dans une émission de radio. D'une voix chancelante, le militant des droits de l'homme décrit les seize mois qu'il a passés en détention dans les geôles de son pays, l'Azerbaïdjan.

Pourtant, selon Reporters sans frontières (RSF) les autorités ont discrètement réprimé toute presse indépendante.

Du côté de la défense, on pointe "l'irrecevabilité de constitution de partie civile de l'Etat d'Azerbaïdjan", un Etat ne pouvant "pas être considéré comme un particulier" et donc agir en diffamation comme l'indique Jean Castelain à l'AFP, avocat de la défense dans cette affaire.

En réparation du préjudice estimé, l'Azerbaïdjan demande un euro symbolique. Les prévenues encourent une amende de 12.000 euros. Au moins 16 journalistes, blogueurs et collaborateurs des médias y sont actuellement emprisonnés, selon RSF.

Pour la première fois, un Etat étranger s'attaque à des journalistes sur sol français.

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