Allemagne: Merkel et Schulz s'affrontent dans un débat, ce dimanche

06 Septembre, 2017, 00:33 | Auteur: Lynn Cook
  • Angela Merkel et Martin Schulz

"Aussi éloquent et spontané qu'Angela Merkel est cérébrale et réservée, l'ancien président du Parlement européen était a priori le mieux armé pour emporter l'exercice et se relancer" [Le Parisien]. Selon les sondages, les conservateurs sont loin devant les sociaux-démocrates. "Il est clair que la Turquie ne doit pas devenir un membre de l'Union européenne", a insisté la chancelière, ajoutant vouloir "discuter avec (ses) collègues" de l'Union européenne "pour voir si nous pouvons parvenir à une position commune sur ce point et si nous pouvons mettre fin aux négociations d'adhésion".

La course aux électeurs n'explique pas tout.

"La Turquie s'éloigne à pas de géant de l'Europe", avait lui-même vitupéré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le 29 août.

La Turquie, qui a déposé son tout premier dossier de candidature à l'entrée dans l'UE dès 1987, a récemment vu ses relations avec Berlin se dégrader, l'Allemagne étant depuis toujours réticente à son adhésion. "Je voudrais que nous nous conduisions de façon à ce que les Turcs remarquent que c'est eux, c'est-à-dire le système Erdogan, qui rendent impossible l'adhésion de leur pays à l'UE, au lieu de tomber dans le panneau et de nous charger des responsabilités" d'une rupture des négociations d'adhésion. Or, outre l'Allemagne, seuls quelques Etats de l'Union souhaitent ouvertement, aujourd'hui, couper les ponts avec Ankara: l'Autriche, la Slovaquie, le Danemark et Chypre.

L'Allemagne dénonce depuis des mois les purges effectuées par le pouvoir turc suite au putsch manqué de 2016.

Vendredi, deux ressortissants allemands avaient été arrêtés pour "raisons politiques". Pour le reste, elle a coupé l'herbe sous le pied de son rival sur la Turquie, domaine dans lequel M. Schulz espérait pouvoir se démarquer par une plus grande fermeté que la chancelière face à la détérioration des droits de l'homme dans le pays.

Le ministère a cependant ajouté attendre encore une confirmation formelle de la part des autorités turques.

"Ce n'est pas une coïncidence que notre président (Recep Tayyip) Erdogan ait été le principal sujet de ce débat", a commenté lundi un porte-parole du président turc. De son côté, la Turquie accuse Berlin de faire preuve d'indulgence envers des "terroristes", en abritant des séparatistes kurdes et des putschistes présumés.

Recommande: