Enrico Macias : escroqué par une banque, va-t-il perdre sa maison ?

29 Août, 2017, 01:18 | Auteur: Sue Barrett

"Il ne résulte pas du dossier que les emprunteurs ont été victimes de manœuvres frauduleuses en hypothéquant leurs biens auprès de Landsbanki Luxembourg" a indiqué le tribunal correctionnel de Paris.

Cependant, en 2014, ladite banque a été mise en examen: neuf de ses anciens dirigeants et conseillers sont accusés d'escroquerie sur pas moins d'une centaine de personnes.

L'affaire remonte à une dizaine d'années, juste avant la crise financière de 2008. Sera alors confirmé si le chanteur Enrico Macias et des centaines d'autres personnes ont bien été victimes d'agissements de la part de la filiale luxembourgeoise de la banque islandaise Landsbanki.

Enrico Macias a gagé sa villa de Saint-Tropez auprès de la Landsbanki Luxembourg, qui lui réclame désormais 35 millions d'euros.

Etrillant de nombreuses lacunes dans l'enquête, le président a par ailleurs estimé qu'au moment de faire signer les prêts, les prévenus n'avaient pas "volontairement dissimulé au public des faiblesses économiques telles qu'elles compromettaient la survie même" de l'établissement.

Landsbanki Luxembourg propose alors à l'artiste un crédit conséquent de 35 millions d'euros en échange du gage de sa propriété. Ce qui aurait constitué une tromperie. "J'ai passé dix ans la peur au ventre " En 2008, sur fond de crise et de nationalisation des grandes banques islandaises, la Landsbanki Luxembourg fait faillite et entreprend de recouvrer les créances, quitte à vendre ou menacer de vendre les biens hypothéqués.

Pendant le procès, en mai dernier, Olivier Géron avait déjà estimé que les souscripteurs auraient dû être alertés par le simple "bon sens". Le tribunal venait d'entendre un couple d'horticulteurs qui déclarait "25 000 euros" par an, et un cuisinier au Smic, qui ont signé avec Landsbanki Luxembourg des prêts dépassant, dans chaque cas, un million d'euros.

Pour le tribunal, Landsbanki Luxembourg a bien présenté cette perspective juteuse comme un "objectif" du montage financier, mais non pas comme une "certitude".

Plus de 50 ans après avoir composé les paroles "J'ai quitté mon pays, j'ai quitté ma maison", sur le départ de sa famille d'Algérie, Enrico Macias pourrait à nouveau tout perdre.

Abattu à l'annonce du verdict, Enrico Macias est ressorti du tribunal correctionnel sans prononcer un mot comme.

Cet accord, également contracté par des centaines de propriétaires immobiliers, va toutefois se retourner contre ces emprunteurs.

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