Des ONG obligées de suspendre les sauvetages en mer — Migrants

14 Août, 2017, 01:23 | Auteur: Jonathan Ford
  • Migrants: Médecins sans frontières suspend ses sauvetages en Méditerranée

Jeudi 10 août, la marine libyenne a annoncé, la création d'une zone de recherche et de sauvetage au large de ses côtes. Elle ne veut pas mettre en danger ses équipages après la décision de Tripoli d'interdire aux navires étrangers de naviguer dans ses eaux.

Médecins sans frontières (MSF) a indiqué samedi qu'elle suspendait temporairement les activités du "Prudence", le plus gros des navires de secours aux migrants en Méditerranée, à la suite de cette interdiction. Le lendemain, l'ONG allemande Sea Eye faisait une annonce similaire. "Nous laissons un vide mortel en Méditerranée", a regretté le fondateur de Sea Eye, Michael Buschheuer, en calculant que son organisation avait participé au sauvetage d'environ 12 000 personnes en Méditerranée depuis avril 2016.

L'Aquarius patrouille depuis dix jours à 20 milles nautiques au nord de la Libye -une distance à laquelle on peut distinguer les côtes libyennes depuis le bateau-, en se retirant à 30 milles la nuit.

Au cours des six derniers mois, le nombre de migrants arrivant en Italie a fortement baissé et Rome a entamé une collaboration plus étroite avec les gardes-côtes libyens. "Pour l'instant, nous poursuivons notre activité de patrouille dans les eaux internationales", avait expliqué vendredi Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage à bord de l'Aquarius. Rome, soutenue par l'UE, vient de négocier avec les ONG un code de conduite exigeant transparence et coopération avec les autorités, signé désormais par la quasi-totalité des organisations. Quatre personnes ont été citées nommément dans cette enquête: deux commandants, un membre d'équipage, et un prêtre érythréen devenu une référence pour les migrants en détresse.

Une décision qui va dans le sens de celle prise la veille par les ONG Médecins sans frontières (MSF), "Save the Children" ou encore "Proactiva Open Arms".

"Nous avons fait deux choix: celui de soustraire des gains criminels aux trafiquants -parce que moins il y a de personnes qui partent, moins cela rapporte aux trafiquants- et celui de financer les agences de l'Onu -l'UNHCR et l'OIM- pour assurer des normes respectueuses des droits humains dans les camps libyens", a insisté M. Alfano.

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