Corée du Nord: les appels à la retenue se multiplient

14 Août, 2017, 03:26 | Auteur: Lynn Cook
  • 7 choses à savoir sur l'île américaine de Guam, menacée par la Corée du Nord

Plus connue jusqu'à présent pour ses plages immaculées et ses couchers de soleil, l'île de Guam, petit territoire américain perdu au milieu du Pacifique Ouest, est depuis mercredi au cœur de l'escalade verbale entre la Corée du Nord et les États-Unis: jeudi 10 août, le régime nord-coréen est encore monté d'un cran en précisant son projet de tir de missile vers cette île de 550 km2 située à 3 400 kilomètres de Pyongyang. Le même jour, l'agence KCNA a annoncé, citant un communiqué des Forces stratégiques nord-coréennes, que Pyongyang étudiait la possibilité de frapper les bases américaines de Guam, à 4.000 km de Pyongyang, par des missiles stratégiques Hwasong-12. La réponse est oui, selon un rapport confidentiel de l'agence américaine de renseignement militaire, la DIA, dont le "Washington Post" a repris les conclusions mardi 8 août.

Jenna Gaminde, la porte-parole de la Sécurité intérieure de l'île, a assuré au Guam Daily News qu'en cas d'attaque nucléaire, les habitants seraient immédiatement prévenus par des sirènes localisées dans tout le territoire.

Elle est d'une importance capitale pour les forces armées des Etats-Unis dans le Pacifique. L'île se situe à 3.370 kilomètres de la péninsule coréenne. Mais Washington, Séoul et Tokyo avaient estimé qu'il s'agissait en fait de l'essai d'un missile balistique intercontinental à vocation militaire. Car d'après elle "seule la force absolue" aura un effet sur le président américain. Le territoire abrite aussi un bouclier antimissiles sophistiqué, le système THAAD, capable de détruire les missiles de courte et moyenne portée ainsi que les engins de portée intermédiaire, dans leur phase finale de vol. Ces territoires appliquent au moins en partie la constitution des États-Unis mais ont leur propre gouvernement et parlement local totalement indépendant du congrès américain. Quarante pour cent des habitants sont issus de la population indigène Chamorro. Elle a été colonisée par l'Espagne du XVIe siècle jusqu'à sa cession aux Etats-Unis en 1898, après la guerre hispano-américaine.

Photo obtenue auprès du ministère américain de la Défense montrant le ravitailleur de sous-marins USS Emory S. Land et le sous-marin nucléaire d'attaque USS Topeka à Polaris Point (Guam) le 19 avril 2017.

Sur le papier, les 160.000 habitants de Guam sont donc citoyens américains, mais avec des droits limités du fait du statut particulier de l'île. Et le budget de l'île tient avec les subventions fédérales et les taxes versées par les militaires américains postés à Guam. Ils ne peuvent pas, par exemple, participer aux élections.

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