Un témoin-clé de l'affaire Grégory au cœur d'une confrontation

29 Juillet, 2017, 00:26 | Auteur: Lynn Cook
  • Murielle Bolle en 1993 quand elle assiste au procès de Jean Marie Villemin

Murielle Bolle "a réitéré qu'elle n'avait pas fait l'objet de violences", alors que son cousin "a confirmé ses déclarations", affirmant qu'elle avait été rouée de coups et amenée par sa famille à revenir sur témoignage incriminant son beau-frère Bernard Laroche.

"Les deux discours ne concordent pas". L'un d'entre eux, Jean-Paul Teissonnière a affirmé que la confrontation s'était déroulée comme il l'avait "envisagée" et a martelé que des éléments avancés par le cousin de Murielle Bolle dans son témoignage avaient été contredits durant la réunion. "Il y a une commission rogatoire et les gendarmes poursuivent les investigations".

Le 16 octobre 1984, le cadavre de Grégory Villemin, quatre ans, était retrouvé pieds et poings liés dans une rivière des Vosges (est).

Le 5 novembre, Murielle Bolle avait répété ses déclarations devant le juge d'instruction, qui décidait en conséquence d'inculper et écrouer Laroche. Elle avait conduit à la libération de Bernard Laroche, début 1985, mais celui-ci avait été tué peu après par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, convaincu de sa culpabilité. Il décrit aux gendarmes "une scène insoutenable", un "lynchage" de la jeune fille qui "a pris énormément de gifles par les membres de sa famille", selon des extraits de procès-verbaux d'audition publiés par Le Monde. Le témoin, décrit comme ayant une santé fragile, dit avoir décidé de parler après l'arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, mi-juin.

Selon son cousin germain, Murielle Bolle lui aurait confié il y a trente ans qu'elle avait subi des violences et des pressions de la part de sa famille.

"On a l'impression que c'est un recyclage d'informations tirées des médias", a asséné vendredi Me Ballorin. La confrontation organisée vendredi à Dijon entre Murielle Bolle, témoin clef de l'affaire Grégory, et un de ses cousins n'a pas apporté de percée dans l'enquête.

Son avocate Emilie Baudry estime avoir des "arguments solides pour faire vaciller" le témoignage du parent de sa cliente qui avait 15 ans à l'époque des faits et en a 48 aujourd'hui. Soupçonnés d'être les fameux "corbeaux" de l'affaire et mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu'alors, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire strict.

Recommande: