Sanctions contre Moscou sur le bureau de Trump

29 Juillet, 2017, 00:31 | Auteur: Lynn Cook
  • De nouvelles sanctions qui n'arrangent ni l'Union européenne... ni Donald Trump

Le vote a été de 419 voix contre 3.

Le Sénat américain a adopté jeudi des sanctions pour punir la Russie de son ingérence présumée dans l'élection présidentielle, laissant désormais le soin au président Donald Trump d'embrasser ou non cette position dure envers Moscou. L'annexion de la Crimée et les ingérences en Ukraine sont les autres motifs de punition avancés.

Une telle réduction revient à ramener le personnel des représentations diplomatiques américaines au même niveau que celui du personnel des représentations russes aux Etats-Unis, a précisé le ministère.

Le consensus est presque total au Capitole.

Le texte prévoit aussi un mécanisme inédit qui déplaît à la Maison-Blanche: les parlementaires s'arrogent le droit de s'interposer si jamais Donald Trump décidait de suspendre des sanctions contre Moscou.

La Maison Blanche a fait savoir que Donald Trump n'avait pas encore pris de décision quand à la promulgation du texte, qui pourrait compromettre ses projets de rapprochement avec Moscou. Mais il suffirait alors au Congrès de le revoter à une majorité des deux tiers pour outrepasser le veto présidentiel. Mais également la Corée du Nord pour ses tirs de missiles.

" Ces actes ne resteront pas sans réponse", a par ailleurs prévenu Sergueï Riabkov en assurant que Moscou ne comptait pas " céder à l'émotion " et demeurerait à la recherche de " compromis "sur des questions comme la lutte contre le terrorisme". Il est également très mal accueilli par plusieurs pays en Europe où on dénonce cette mesure unilatérale américaine dont les impacts pourraient nuire à des entreprises européennes, notamment dans le secteur sensible de l'énergie. Jusqu'à présent, le régime de sanctions contre la Russie en raison de la Crimée a été coordonné des deux côtés de l'Atlantique, de façon à faire bloc.

"Paul Manafort a rencontré ce matin (.) les membres de la commission du Renseignement du Sénat et a répondu dans le détail à leurs interrogations", a déclaré son porte-parole, Jason Maloni.

Les entreprises européennes impliquées dans Nord Stream 2, un projet de gazoduc à 9,5 milliards d'euros destiné à transporter du gaz russe à travers la Mer Baltique, seraient sans doute affectées.

Le français Engie (ex-EDF), les allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l'autrichien OMV et l'anglo-néerlandais Shell, sont notamment en cause. Ces mesures ont été prises à la suite "d'une série de décisions hostiles de la part de Washington", a expliqué M. Lavrov à son homologue américain, selon le ministère russe, citant "des sanctions illégales (.), des accusations diffamatoires, des expulsions massives de diplomates et des expropriations de propriétés diplomatiques" sur le sol américain.

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