Soirée à Las Vegas: le cabinet Macron à Bercy mis en cause

29 Juin, 2017, 05:05 | Auteur: Sandy Vega
  • Benoit Tessier  Reuters                       Christophe Castaner demande à la presse de

Des éléments d'un audit réalisé par le cabinet d'audit EY (ex-Ernst & Young), que Libération s'est procuré, "ne laissent aucun doute sur l'implication du cabinet du ministre de l'Economie" de l'époque, estime le quotidien. Début mars, le Canard enchaîné révélait les soupçons de l'Inspection générale des finances quand à un possible délit de favoritisme à propos de l'organisation d'une soirée au CES de Las Vegas lors de la visite d'Emmanuel Macron, le 6 janvier 2016, alors qu'il était ministre de l'Economie.

Lorsque l'affaire avait éclaté, Michel Sapin, alors fraîchement nommé ministre de l'Économie, s'était empressé d'éteindre l'incendie et de voler au secours d'Emmanuel Macron en affirmant que ce dysfonctionnement était la faute de Business France. Selon Le Canard enchaîné, le coût de l'opération aurait été de 381 759 euros, dont 100 000 euros pour les seuls frais d'hôtel.

Muriel Pénicaud est embarrassée par de nouvelles révélations de Libération alors que le projet autorisant à réformer par ordonnances la code du travail doit être présenté mercredi en Conseil des ministres. Mais comme elle l'avait fait au moment de la révélation de l'affaire, Muriel Pénicaud rappelle que c'était elle qui avait "immédiatement déclenché un audit, interne et externe", au moment où elle avait constaté des "irrégularités" sur les frais engagés par Business France.

"C'est moi qui ai alerté le conseil d'administration, c'est moi qui ai déclenché l'audit", a-t-elle insisté, qualifiant l'idée qu'elle ait pu étouffer l'affaire de "blague". Ovationné par plus de 500 personnalités et dirigeants de start-up français, il s'était ensuite rendu à la fameuse soirée "French Tech Night" (celle qui pose question).

"Le cabinet d'Emmanuel Macron à l'époque n'avait pas à décider de la manière dont s'organisaient les appels d'offres de l'Etat", a-t-on déclaré mercredi dans l'entourage du chef de l'Etat, qui s'est refusé par ailleurs à tout "commentaire sur une enquête préliminaire".

"Il y a eu une erreur de procédure", a-t-elle reconnu.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, avait exclu le 21 juin que Muriel Pénicaud quitte le gouvernement, alors que quatre ministres visés par des enquêtes judiciaires l'ont fait.

Mardi 20 juin, Europe 1 révèle que des perquisitions ont été menées dans les locaux de l'entreprise Havas et de l'agence nationale Business France, le matin même, par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions (OCLCIFF).

" Cela n'aurait pas de sens puisque c'est moi qui ai alerté sur ce sujet d'erreur de procédure dans un marché public, et demandé un audit indépendant, ce que l'Inspection Générale des Finances a confirmé par la suite".

Recommande: