2 grenades tirées d'un hélicoptère contre la Cour suprême — Venezuela

29 Juin, 2017, 05:07 | Auteur: Lynn Cook
  • Venezuela les journalistes manifestent contre les agressions
AFP
 JUAN BARRETO

Le président a précisé que l'hélicoptère avait également survolé le ministère de l'intérieur. Un évènement qui vient accentuer la violente crise qui ébranle le Venezuela depuis le mois d'avril. Le désordre règne au Venezuela depuis le 1er avril, se traduisant par de fortes mobilisations quasi-quotidiennes et sévèrement réprimées. Les heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont déjà fait plus de 76 morts.

Le chef de l'État n'a pas fait état de victime ni de dégâts. Tout cela indique la même chose: "la situation est insoutenable au Venezuela", a-t-il ajouté. Selon un communiqué de la présidence, quatre grenades "d'origine colombienne et de fabrication israélienne" ont été lancées et 15 coups de feu tirés contre le ministère de l'Intérieur. L'intéressé a qualifié de "sottises" les allégations du président sur ses liens supposés avec la CIA américaine. "Je suis général à la retraite depuis trois ans et les militaires retraités ne font pas de coup d'Etat", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Comme le montre notre vidéo en tête d'article, l'hélicoptère aurait été dérobé par un ancien membre de la police scientifique, Oscar Perez, qui est apparu dans des messages de revendication très largement diffusés sur les réseaux sociaux après les faits. Dans un film d'action intitulé "Mort en sursis", tourné par ses soins en 2015 et qui raconte le sauvetage d'un homme d'affaires après son enlèvement, on le voit notamment tirer au pistolet mitrailleur d'un hélicoptère. Ils en ont enregistré près de 400 depuis le début des manifestations contre le gouvernement. L'opposition réclame avec insistance la démission du successeur d'Hugo Chavez, accusé de se comporter en dictateur, et d'être responsable de la grave crise économique.

Mais pour certains partisans de l'opposition, cette spectaculaire attaque par hélicoptère pourrait avoir été orchestrée par le pouvoir pour justifier la répression.

Mais le MUD n'avait pas réagi en soirée. Un des dirigeants du MUD a estimé dans un tweet qu'"il n'y a pas d'information suffisante sur l'hélicoptère" et appelé à participer aux manifestations de rues convoquées pour mercredi. Une vidéo mise en ligne sur son compte Instagram le montre devant quatre hommes en armes portant une cagoule, affirmant qu'une opération est engagée pour rétablir la démocratie. Cet article de la Constitution est régulièrement invoqué par les opposants qui exigent le départ du gouvernement et du président.

Nicolas Maduro avait prévenu plus tôt dans la journée de mardi que ses partisans prendraient les armes si son gouvernement était renversé par la violence. De son côté, Maduro souhaite organiser des élections constituantes le 30 juillet prochain.

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