La majorité républicaine renonce (temporairement) à voter l'abrogation d'Obamacare — États-Unis

28 Juin, 2017, 02:50 | Auteur: Lynn Cook
  • Donald Trump à la Maison Blanche à Washington le 22 juin 2017

Mitch McConnell, chef de la majorité au Sénat, s'est heurté à l'opposition de ses propres membres. Les républicains sont 52, et ne peuvent donc se permettre que deux défections. Le Bureau du budget du Congrès (CBO) a estimé que 49 millions de personnes seraient dépourvues d'assurance en 2026 si la proposition de loi républicaine entrait en vigueur, contre 28 millions si Obamacare était préservée -conséquence des coupes draconiennes qui frapperaient le budget fédéral de la santé.

Au dernier décompte, au moins cinq républicains avaient pris position contre la législation.

Donald Trump a parlé ce week-end à plusieurs d'entre eux "pour écouter leurs préoccupations", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer.

Mais l'obligation de s'assurer, qui permettait d'attirer dans le marché des patients en bonne santé, serait supprimée, ne laissant que les patients " coûteux " dont les primes d'assurances augmenteraient dès 2018, alors que l'objectif était de faire baisser les coûts immédiatement.

La Maison Blanche, de son côté, a dénoncé la méthodologie du CBO, citant d'anciennes prédictions qui ont été démenties plus tard par la réalité.

Les quatre frondeurs ultra-conservateurs regrettent ainsi que des milliards de subventions et de nombreuses réglementations soient maintenues en place par le plan républicain, loin de l'abrogation pure et simple dont ils rêvent.

"Le président Trump reste déterminé à abroger et remplacer Obamacare, qui a trahi les Américains depuis trop longtemps", a déclaré l'exécutif dans un communiqué. Tout amendement qui satisferait les modérés ferait partir les conservateurs, et inversement.

Les sénateurs du Maine et du Kentucky, Susan Collins et Rand Paul, ont fait savoir lundi qu'ils ne débattraient même pas du texte, selon le "New York Times". "Mieux vaut ne rien voter que de voter une mauvaise loi".

Soit un gain de seulement un million par rapport aux 23 millions de la précédente mouture de ce texte adoptée par la Chambre des Représentants.

Le chef de la majorité Mitch McConnell l'a annoncé à son groupe lors d'un déjeuner au Capitole, constatant le fossé infranchissable qui séparait les ailes modérée et ultra-conservatrice du parti.

Le système de santé américain est un enchevêtrement de responsabilités publiques et privées, nationales et locales.

Vétéran du Sénat, le républicain Lindsey Graham estimait lundi soir que les différends "philosophiques" étaient sans doute irréconciliables, et n'était guère optimiste.

"Pour ceux qui hésitent, le rapport du CBO ne leur est d'aucune aide", dit-il.

Ce projet de loi, qui abolirait la plupart des dispositions instaurées par l'ex-président Obama avec sa loi sur l'accès aux soins de santé - communément appelée "Obamacare" - est l'une des principales priorités du parti républicain depuis des années. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

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