Escarmouche au sein du gouvernement où le Premier ministre recadre Bayrou — France

27 Juin, 2017, 07:11 | Auteur: Lynn Cook
  • Enquête sur des assistants parlementaires du MoDem les affaires jusqu'au bout des législatives

Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel" pour déterminer si le MoDem a salarié des employés en les faisant passer pour des assistants parlementaires européens, après une dénonciation d'un ex-collaborateur. Le ministre de la Justice avait appelé mercredi dernier Jacques Monin, directeur de l'investigation de la Maison Ronde, pour se plaindre d'une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs au MoDem, qui avait été ensuite diffusée le lendemain. Celui-ci reconnaît les faits, mais jure qu'il ne s'agit pas d'une pression politique. Une indignation de "citoyen" et "pas une pression", avait fait valoir le ministre auprès de l'AFP. J'ai seulement dit que je trouvais cela choquant.

" Le Premier ministre lui a rappelé qu'aujourd'hui, il n'était plus un simple citoyen ", reprend M. Castaner.

Durant le week-end, l'affaire prend de l'ampleur. François Bayrou est-il le frondeur du gouvernement d'Édouard Philippe? "Je suis un défenseur de la liberté de la presse, je l'ai été toute ma vie", déclare-t-il en préambule. "Il n'y a jamais eu de pratique critiquable au sein de notre mouvement". Parce qu'en devenant le garde des Sceaux, je ne suis pas devenu le muet du sérail.

"Il y a quand même le Premier ministre qui recadre, et je pense qu'il a raison, François Bayrou, François Bayrou qui dans la journée dit +Je m'en moque+, qui le lendemain va à la radio pour dire +Je m'en moque vraiment+". Les coups de fil des hommes politiques aux rédactions sont chose courante. " lui demande le journaliste Gilles Bornstein". Ce n'est pas si sûr.

Ce à quoi François Bayrou a répondu cet après-midi, prévenant que "chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirais".

M. Bayrou a défendu sa "liberté de parole" au sein du gouvernement.

Mais le ministre de la Justice est resté sur ses positions. "Emmanuel Macron est attentif, il veut éviter de court-circuiter Édouard Philippe, il veut qu'il réussisse. Il trouve qu'il fait bien le job". Et puis il faut avoir cette volonté de servir l'intérêt général. Je ne sais pas vivre (.) avec un bœuf sur la langue. "Quand il y a quelque chose à dire, on le dit". Je n'ai pas l'intention de me mettre un bâillon " insiste-t-il dans Le Monde.

Ces divers projets ont été dans l'ensemble bien accueillis, même si les ONG anticorruption ont regretté quelques carences, en matière par exemple de lobbying ou de répression de la fraude fiscale. Mais dans les faits, le chef de l'État suit la situation de près et si François Bayrou devient trop gênant, il n'aura aucun scrupule, explique l'un de ses proches. Le coup de téléphone de François Bayrou à Radio France pour dénoncer l'enquête faite par la radio publique sur cette affaire a donné lieu au premier couac gouvernemental.

Sur le plan institutionnel, il entend supprimer la Cour de justice de la République, juridiction d'exception des membres du gouvernement, et interdire le cumul de plus de trois mandats successifs dans le temps, sauf dans les petites communes.

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