Un taux d'abstention record en vue au 2nd tour des législatives — France

25 Juin, 2017, 03:29 | Auteur: Sue Barrett
  • Des assesseurs attendent des votants à Marseille pour le second tour des législatives le 18 juin 2017-AFP  ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Selon un sondage Ipsos/Sopra Steria* pour franceinfo publié dimanche 19 juin à 20h, 51% des Français estiment que "c'est une mauvaise chose", tandis que 49% d'entre eux pensent "c'est une bonne chose".

Alors qu'il espérait encore il y a quelques mois, une cinquantaine de sièges de députés, le Front national (FN) a largement revu ses ambitions à la baisse et a obtenu 13,2% de voix au premier tour, score inférieur à celui de la présidentielle.

Rarement les Français se sont si peu déplacés pour des élections législatives.

La participation (42,6 %) est la plus faible au second tour des élections législatives depuis 1958. Au second tour de la présidentielle, le 7 mai, la participation avait atteint 74,56%.

"Une fois de plus la présidentielle écrase les législatives", confirme Yves-Marie Cann, de l'institut Elabe.

L'autre enjeu, c'est le nombre de députés que décrochera La République en Marche, alliée au MoDEM de François Bayrou.

Même parmi les électeurs qui avaient choisi de se déplacer, le sentiment que les jeux étaient déjà faits était fort.

"Je vais voter même si c'est fait d'avance, c'est seulement par acquit de conscience".

Outre les facteurs propres à tout second tour, la forte poussée du mouvement d'Emmanuel Macron dès le premier tour a pu démobiliser encore davantage les électeurs des candidats éliminés dimanche dernier.

Première explication de cette démobilisation massive: la lassitude.

Pour Yves-Marie Cann, cette abstention sans précédent devra inciter le camp des gagnants à la modestie, malgré la majorité écrasante dans la nouvelle Assemblée qui se profile pour la République en marche et qui donnera au chef de l'État les outils pour mener sa politique, à commencer les ordonnances controversées réformant le Code du travail."C'est une victoire massive qui s'inscrit dans un contexte de démobilisation tout aussi massive", relève-t-il. "Cela oblige le camp des vainqueurs à faire preuve de beaucoup d'humilité".

Dimanche, la Seine-Saint-Denis a fait à nouveau figure de plus mauvais élève, avec une participation de 21,11% à 17H00.

À titre de comparaison, la faiblesse de la participation de ce dimanche dépasse même le niveau observé lors de scrutins traditionnellement délaissés par les électeurs.

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