Le parquet de Brest ouvre une enquête préliminaire — Affaire Ferrand

25 Juin, 2017, 01:06 | Auteur: Sandy Vega
  • François Baroin voit des similitudes entre les affaires Fillon et Ferrand :

Les adversaires politiques de Richard Ferrand réagissent vivement à l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le ministre de la Cohésion des territoires, soupçonné de favoritisme. Balayant les accusations de décrédibilisation du gouvernement, Édouard Philippe a préféré vanter les vertus du projet de loi sur la moralisation de la vie publique, "une loi qui prévoit des mesures considérables", et "l'exemplarité dans les fonctions de ministre".

"Il a ma confiance, c'est la position que j'ai exprimée mardi, que j'ai exprimée hier (mercredi), nous sommes jeudi, je l'exprime encore et croyez-moi, je compte bien l'exprimer aussi longtemps que la situation ne changera pas", a assuré M. Philippe. "Après analyse des éléments complémentaires", il a toutefois annoncé jeudi qu'il saisissait la police d'une enquête préliminaire.

Mais à dix jours du premier tour des législatives, la classe politique continue à tirer à boulets rouges sur Ferrand, espérant affaiblir La République en marche. Tel est, de toute évidence, l'espoir d'Emmanuel Macron, qui n'a d'autre possibilité, à ce stade, que soutenir son ministre.

La pression s'accroît sur le ministre Richard Ferrand, après l'ouverture par le parquet de Brest d'une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant ce soutien de la première heure d'Emmanuel Macron.

Thierry Solère: "Je ne commente pas la justice mais quand on est mis en examen, on ne peut pas rester ministre" explique le député LR sur RMC et BFMTV.

Sur quoi porte l'affaire de Richard Ferrand? Le parti socialiste a demandé sa démission, l'extrême gauche a fustigé une "carabistouille".

Les sympathisants du Front national sont les plus nombreux à partager cette opinion (86%). Il l'a même comparée à l'affaire Cahuzac, qui avait "coûté très cher" au gouvernement sous la présidence de François Hollande.

Christophe Castaner a également reconnu mercredi "un malaise perceptible". "Il ne suffit pas de changer les têtes, d'annoncer un renouveau des personnalités, il faut des règles". Proche parmi les proches d'Emmanuel Macron, il n'a cessé d'expliquer qu'il " ne faisait pas l'objet d'une enquête judiciaire ".

Le gouvernement doit faire face à sa première grosse polémique. Mais pour Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, elle "est aujourd'hui décrédibilisée" par l'affaire. "C'est en quelque sorte la loi pour la moralisation sauf pour monsieur Ferrand", a-t-il regretté.

Si elle concède que "rien d'illégal n'a été démontré pour l'instant" dans cette affaire, l'ex-candidate à la présidentielle estime que "chacun considère qu'il y a là au moins une rupture morale", précisant que cet enrichissement personnel "ressemble fichtrement à l'affaire Fillon".

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