Migrants: Collomb va présenter d'ici quinze jours un "plan" sur l'asile

24 Juin, 2017, 00:44 | Auteur: Lynn Cook

"Les précédents de Sangatte et du campement de la Lande en attestent", a affirmé le ministre de l'Intérieur, qui se rend en visite sur place ce vendredi.

Alors que Jacques Toubon, le Défenseur des droits avait indiqué ce jeudi vouloir la création d'un centre d'accueil et d'un guichet d'asile à Calais, Gérard Collomb a affiché une fin de non-recevoir à cette hypothèse: "Il n'y aura pas de centre ouvert ici". "Nous ne voulons pas de centre ici car à chaque fois qu'on a construit un centre, il y a eu appel d'air", a justifié le ministre qui doit rencontrer élus, police et représentants du monde économique et associatif. "Pour avoir une grande humanité, il faut une grande fermeté" et "on ne peut pas accueillir avec humanité lorsque tout à coup on a un afflux migratoire considérable", a répondu Gérard Collomb.

Dans des propos rapportés par un journaliste de Libération, le ministre de l'Intérieur a également adressé un message pas vraiment sympathique aux associations, " je leur dirai qu'il y a peut-être d'autres lieux que Calais où elles pourront déployer leur savoir-faire".

La semaine passée, plusieurs associations ont déposé plaintes contre l'État devant le tribunal administratif de Lille. Et "on s'attend à devoir travailler avec entraves de la police".

Huit mois après le démantèlement du gigantesque bidonville de la "Jungle" de Calais, des centaines de migrants errent toujours sur place dans des conditions précaires, alors que la France refuse tout nouveau centre d'accueil pour éviter un "appel d'air".

"On ne comprend pas qu'après autant d'années on en soit encore là", a pour sa part lancé Jean-Claude Lenoir, de l'association Salam, qualifiant de "tragique" la réponse à la crise. Il s'est ensuite rendu au commissariat pour rencontre les forces de l'ordre auxquelles il a rendu hommage. "Je suppose que M. Macron va reprendre les choses en main et dire 'réveillons-nous'", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas d'un côté les policiers, les gendarmes qui seraient agressifs et de l'autre des migrants qui seraient d'une douceur légendaire", a-t-il ironisé.

Ce plan, qui pourrait prendre la forme d'une communication en Conseil des ministres d'ici juillet, veut aborder la problématique de l'asile sur l'ensemble du territoire, mais aussi sous son aspect européen, a-t-on précisé dans l'entourage du ministre.

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