Theresa May en quête d'un gouvernement, fragilisé en vue du Brexit — GB

23 Juin, 2017, 01:18 | Auteur: Sue Barrett
  • Grande-Bretagne Theresa May perd sa majorité absolue avant de négocier le Brexit

Après le vote des Britanniques, la première ministre britannique Theresa May va former un nouveau gouvernement qui "mènera à bien le Brexit", malgré la perte par son parti conservateur de la majorité absolue au Parlement et les appels à sa démission. Les conservateurs sont en tête du scrutin, mais perdent dix ou quinze de sièges par rapport à leur majorité précédente, tandis que l'opposition travailliste en gagne une trentaine. Les Libéraux-Démocrates, seul parti résolument europhile, gagne 4 sièges à 12 mandats, selon ces résultats.

"Dès la fermeture des bureaux, la projection de ce résultat avait provoqué une chute de la livre sterling à New York, tant face à l'euro que face au dollar".

À quelques jours de l'ouverture des négociations sur le Brexit, le soutien des dix élus du DUP, parti régionaliste protestant ultra-conservateur, était indispensable pour offrir une majorité de gouvernement aux conservateurs de Mme May, qui ont subi jeudi un échec cinglant. "C'est assez pour qu'elle parte", a déclaré le chef des travaillistes cité par le Guardian. La question du calendrier est celle qui se pose dans l'immédiat, car sans majorité absolue, Theresa May va devoir essayer de former un gouvernement, ce qui pourrait retarder les discussions avec Bruxelles, estime-t-on outre-Manche.

Le Parti conservateur de Theresa May reste en tête, mais perd la majorité absolue.

Dans les deux cas, les négociations pourraient durer jusqu'à plusieurs semaines.

Comment expliquer la défaite de Theresa May? Elle a été élue à la suite d'une procédure qui déjà elle-même était un peu court-circuitée parce que, au lendemain de la démission de David Cameron, il y avait un certain nombre de candidats qui, suite à des coups bas et autres histoires un peu sordides parfois, se sont retirés les uns après les autres. Il a appelé à "un Brexit qui protège les emplois", assurant que le processus de sortie de l'Union européenne "devait se poursuivre" et que son parti était "prêt à mener les négociations au nom du pays". "Nous avons besoin d'un gouvernement capable d'agir, qui peut négocier la sortie de la Grande-Bretagne", a-t-il dit à la radio allemande Deutschlandfunk, "Les Britanniques doivent négocier la sortie (de l'UE) mais avec un partenaire de négociations faible ". Toutefois, "je ne suis pas sûr qu'il faille lire les résultats de ce scrutin comme remettant en cause en quoi que ce soit la position exprimée souverainement par les Britanniques sur le Brexit", a-t-il ajouté.

Pour Mike Finn, de l'université de Warwick, le Royaume-Uni s'expose " à une période de coalition ou à de nouvelles élections ". Évoquant Theresa May, Tim Farron, le chef des Lib Dem, a jugé que "si elle avait une once d'amour propre, elle démissionnerait".

"C'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics.

Jeremy Corbyn, "c'est un chic type", disait récemment à l'AFP Wendy Mack, 40 ans, en brandissant une pancarte "Votez Labour".

À gauche, les indépendantistes écossais du SNP essuieraient de lourdes pertes, à 34 sièges contre 54 précédemment, selon les projections.

Mais M. Corbyn a mené une campagne plus réussie qu'attendue par les politologues, multipliant les meetings au contact des électeurs et exploitant plusieurs faux-pas de Mme May, notamment sur la protection sociale.

Et a situation est d'autant plus brouillée que Le Brexit a été paradoxalement éclipsé durant la campagne par les questions de la protection sociale et de la sécurité, dans ce pays frappé par trois attentats en moins de trois mois.

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